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VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU


De Dale Wasserman
Mise en Scène de Stéphane Daurat

Avec : Olivier Baucheron, Patrick D’Assumçao, Stéphane Daurat, Olivier Deville, Pierre Giraud, Catherine Hauseux, Sandra Honoré, Thierry Jahn, Audrey Langle, Richard Leroussel et Arnaud Perrel

Les jeudi 18 et vendredi 19 novembre 2012
au Théâtre Municipal Raymond Devos, Tourcoing [F]

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Production : Caravane (Paris)
Coproduction : Théâtre André Malraux (Rueil-Malmaison)
Avec le soutien de l’ADAMI, du Rabelais (Meythet - Agglo d’Annecy), de l’Arcal (Paris), du CCIB (Villebon-sur-Yvette) et du Sud-est Théâtre (Villeneuve-St-Georges)
D’après le roman de Ken Kesey
Adaptation : Jacques Sigurd
Scénographie et Création Lumière : Jean-Luc Chanonat
Régie : Guillaume Giraudo
Design graphique : François Kenes
Durée du spectacle : 1h35 sans entracte

Dale Wasserman est représenté dans les pays de langue française par Dominique Christophe / L’Agence (Paris), en accord avec The Marton Agency (New York)


Pour ne pas purger sa peine dans une prison à la discipline trop stricte, Randle Patrick McMurphy tente de se faire passer pour fou. Mais l’hôpital psychiatrique que rejoint le voyou est, lui aussi, tenu d’une main de fer par l’inflexible Miss Ratched, qui prétend y instaurer le calme et le bien être nécessaires aux soins. Le caractère fougueux, jovial et rebelle de Mc Murphy le pousse rapidement à braver l’autorité de l’infirmière en chef pour briser les routines et sortir ses camarades de chambre - pour la plupart internés volontaires - de l’apathie servile où ils se trouvent plongés. Les frasques de McMurphy conduiront bientôt la petite communauté de « dingues » vers une situation sans retour… et le voyou de se trouver prisonnier d’un enfer carcéral bien plus destructeur que celui auquel il pensait échapper.

Comme dans la nouvelle de Ken Kesey dont elle est tirée, la pièce de Dale Wasserman place le personnage d’un chef indien dans le rôle de témoin et de narrateur. Sourd, muet et amorphe, ce colosse plongé dans ses rêveries poétiques se trouve également aux prises avec une troublante paranoïa quant à une Organisation qui dirigerait le monde en sous-sol. A travers cette métaphore, Ken Kesey, auteur américain de la Beat Generation, contestait le conformisme et la bonne morale qui enfermaient la classe moyenne et marginalisaient quiconque s’écartait du diktat de la bienséance. Une critique qui demeure d’une pertinence saisissante.
Stéphane Daurat a ici choisi un dispositif scénique simple et non réaliste, qui place les personnages dans un huis clos oppressant, sous l’œil panoptique de la salle des infirmiers, véritable mirador de ces gardiens de l’ordre. Ce décor sobre devient l’espace où s’expriment, dès qu’ils le peuvent, dans un sursaut libérateur, des personnages un rien burlesques mais terriblement touchants, puis il se retrouve effroyablement vide une fois sortis de scène les onze remarquables acteurs qui leur donnent vie. Dans cette mise en scène efficace, sans épate, Vol au-dessus d’un nid de coucou devient un hymne éminemment humain à la vigilance et à la résistance face à des conventions acceptées au profit d’une apparente paix sociale, mais qui, insidieusement, brident les libertés et les espoirs, et annihilent toute possibilité d’épanouissement personnel et de création.

La compagnie Caravane se définit en se référant malicieusement au dictionnaire : une troupe de voyageurs réunis pour franchir un désert, une contrée peu sûre. Ces comédiens se retrouvent ainsi à l’occasion de projets coups de cœur, et dans l’esprit d’un théâtre qu’ils veulent espace de liberté « entre élitisme et divertissement pur » comme le qualifiait Laurent Terzieff. Leurs douze créations se sont ainsi portées vers des classiques (Le Médecin malgré lui de Molière, Occupe-toi d’Amélie de Georges Feydeau), des auteurs américains emblématiques (Israël Horowitz, John Steinbeck) ou des écritures françaises contemporaines (Pierre et Simon Pradinas, Nathalie Saugeon). « Nous voulons un théâtre qui, tout en nous divertissant, nous renvoie à nos joies, à nos angoisses, à nos hontes, nos fiertés, nos incohérences, nos espérances - à notre humanité. Un théâtre qui propose au spectateur de prendre sa place - dans la salle, dans la société, dans le monde. Et si nous employons volontiers le mot populaire concernant nos spectacles, c’est pour définir un théâtre susceptible non pas de plaire au plus grand nombre mais à tout un chacun. »

« Ce Vol au dessus d’un nid de coucou émeut autant qu’il révolte. Poignant évidemment, mais aussi étonnamment drôle, le texte de Dale Wasserman, résonne comme un hymne à la liberté. Bouleversants d’humanité, les comédiens ont magistralement servi cette oeuvre culte. On ressort ébloui par la justesse des interprétations. Un grand moment de théâtre applaudi debout par le public. » E.M. Sud Ouest
« Ce sont ici pas moins de dix personnages qui se retrouvent sur scène, dans la pièce commune de l’hôpital. Commence alors un jeu de force un ballet mortel entre corps médical et pensionnaires ? Chaque personnage apporte sa petite pierre à l’édifice, son petit plus. Les dialogues font monter la tension, elle est de plus en plus palpable, on la voit monter au sein du groupe, on la ressent dans nos ventres. Même si on le connait, on appréhende le dénouement. Les comédiens sont criants de vérité, chacun est investi de son personnage, sans qu’aucun relâchement ne se fasse sentir. Touchants, attendrissants ou méprisants… ils nous offrent un régal pour les yeux, les oreilles et le cœur. » Sophie Benoit, France Bleu Vaucluse