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SITUATIONS CRITIQUES


Écrit et mis en scène par Jean-Marc Chotteau

Précédé de Abel et Bela de Robert Pinget

Du jeudi 06 au vendredi 07 décembre 2007
au Théâtre Municipal de Tourcoing (F)

et
le 29 avril 2008
au Centre Marius Staquet, Mouscron (B)

Spectacle à l’abonnement


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ABEL ET BELA
de Robert Pinget
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Avec : Jean-Marc Chotteau, Jean-Claude Derudder
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Production : La Virgule
En coproduction avec : Le Collectif Théâtre
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SITUATIONS CRITIQUES
Écrit et mise en scène par : Jean-Marc Chotteau
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Avec : Frédéric Barbe, Sylvie Baur, Estelle Boukni, Éric Leblanc
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Production : La Virgule


Phototèque


Jean-Marc Chotteau met en scène dans la même soirée deux pièces qui répondent avec humour à la même question : Qu’est-ce que le théâtre pourrait bien encore avoir à dire dans ces temps de « pipolisation avancée ?
En première partie, la pièce de Robert Pinget nous entraîne dans le processus d’écriture d’une pièce idéale que deux acteurs dérisoires, confondant le tréfonds de l’âme et la vulgarité du fondement, tentent d’imaginer sur le plateau d’un théâtre.
En seconde partie, Chotteau nous offre la critique de la précédente, façon "Le Masque et la plume".
Deux pièces drôles et caustiques qui nous renvoient à notre capacité de résistance à la bêtise ou la cuistrerie.



ABEL ET BELA SONT UNE MÊME PERSONNE

Abel et Bela ? Ce sont deux acteurs, plutôt minables, qui sur le plateau nu d’un théâtre, projettent de jouer une pièce dont ils seront les auteurs. Comme en improvisant, ils tentent d’élaborer ensemble, mais l’un avec une passion naïve (Abel joué par Jean-Marc Chotteau), l’autre avec une distance ironique (Bela joué par Jean-Claude Derudder), un scénario qu’ils voudraient voir atteindre les sommets pour révéler “l’essence du théâtre”, “ ce qu’il doit être, sa nécessité, sa transcendance”. Hélas, s’ils veulent flirter avec la “métaphysique”, le “tréfonds de "l’âme”, ou le “shakespearien”, ils retombent sans cesse dans le “psycho-psychi” d’une lamentable histoire de partouse chez une Présidente en exil à “Belgrave Square, quartier chic de Londres”... Comme les deux faces d’un même auteur angoissé devant l’abîme de sa page blanche, Abel et Bela, - son anagramme, expriment l’interrogation de tout homme de théâtre dans son travail funambulesque d’équilibre entre la tentation de plaire et celle de se complaire.

UNE PIÈCE QUI N’EXISTE PAS

Robert Pinget, considéré comme un des grands auteurs de la famille du “Nouveau Roman” réussit avec Abel et Bela la gageure de faire rire d’une pièce qui n’existe pas, dont on ne voit rien, et dont les balbutiements ne sont que les esquisses d’une pâle et plate mise en scène ! C’est cela qui a donné à Chotteau l’idée d’en écrire, avec Situations critiques, comme une suite. Puisque la seule parole peut fournir toute l’action d’une pièce, il met en scène la critique théâtrale de la précédente, et la donne sans vergogne en spectacle, façon “masque et la plume”, dans un délire verbal où la pertinence se perd dans l’impertinence, les bons mots dans la mauvaise foi, le populaire dans le “people”.

PINGET PARLE

"J’ai écrit cette pièce Abel et Bela d’abord par délassement (le roman m’impose un plus grand effort de concentration), ensuite parce que j’ai eu envie de rédiger un dialogue qui permette aux comédiens de montrer toutes les facettes de leur art, toutes les expressions possibles.” (Le Figaro, 26/12/1970)

"La mise en abyme est un jeu de notre époque, ou disons remis en valeur aujourd’hui. Il a des qualités didactiques incontestables. Non que mon propos soit de démontrer quoi que ce soit, mais je tiens, comme beaucoup de mes contemporains, à faire participer l’auditeur au travail de création afin de m’y trouver moins seul.” (Présence francophone, printemps 1981)

ET CHOTTEAU AUSSI

“Toute ressemblance des personnages de Situations critiques avec des journalistes ou chroniqueurs culturels existant, ayant existé ou sur le point d’exister, ne serait que le fruit d’un pur hasard”