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Production : La Virgule (Mouscron-Tourcoing)
Avec : Angélique Catel, Éric Leblanc et Bruno Tuchszer
Décor : Jacques Voizot
Lumières : Sébastien Meerpoel
Costumes : Martine Pichon


Phototèque


PETITES MISÈRES DE LA VIE CONJUGALE


D’après une étude analytique d’Honoré de Balzac
Mise en scène de Jean-Marc Chotteau


Durée2h00 sans entracte

Extrait d’une lettre (ouverte) de Jean-Marc Chotteau à Balzac

« Cher Honoré, sans votre permission, je viens de mettre le dernier mot à une comédie dont j’ai abondamment puisé la matière première dans l’une de vos ouvres. Vous mîtes quinze ans à la terminer, pressé par votre éditeur et des besoins d’argent. Gestation peu propice, vous me l’accorderez, aux grandes créations. Ni un roman, ni une pièce de théâtre, il s’agit en fait d’une de ces « études analytiques » emplies d’aphorismes et de principes d’allure scientifique que vos lecteurs aimaient à retrouver en feuilletons dans leurs journaux : Petites Misères de la vie conjugale. (.)

Eh bien malgré le thème quelque peu usé aujourd’hui, je vais soumettre vos « Petites Misères », désormais les nôtres si vous voulez bien, à l’approbation du public. Folie ? Je ne le pense pas. Car bien que mineure, cette ouvre est passionnante.

Ce qui me passionne dans cette « Étude analytique », c’est vous. Oui, cher Honoré, vous ! Vous qui intervenez sans cesse dans votre livre pour disséquer les comportements de vos héros comme un analyste de laboratoire et pratiquer, c’est le terme que vous employez, « l’autopsie » du mariage. S’il y a déjà du Feydeau, du Guitry même en vous, il y a aussi un peu de ce professeur Laborit à qui le cinéaste Resnais avait demandé d’analyser, à l’écran, les tourments des protagonistes de « Mon Oncle d’Amérique », étude clinique des tourments de la conjugalité. Sans aucun doute, vous êtes vous-même dans votre livre un personnage. Je dis bien un vrai personnage de Théâtre. Et je ne résisterai pas au plaisir de vous porter, malgré vos deux cents livres, à la scène.

Car vous êtes non seulement dans votre ouvrage l’auteur omniprésent de vos héros, vous en êtes aussi d’une certaine façon leur metteur en scène. Vous leur adressez même la parole, leur indiquant tel ton, telle intention, telle attitude. Quand vous faites dire « Ah ! » à Adolphe, abasourdi par un argument sans logique de son épouse, vous le lui faites faire « du plus profond de sa caverne thoracique ». On croirait entendre un professeur d’art dramatique ! Quel directeur d’acteurs auriez-vous été ! C’est cette volonté d’emprise sur votre création qui fait de vous un personnage à part entière. Je vous montrerai donc avec vos angoisses de la page blanche, et dans vos combats entre vous le démiurge et vos créatures, parfois indociles, qui vous résistent, jusqu’à la révolte.

Pour Adolphe et Caroline, vos pauvres cobayes, vous n’avez aucune indulgence et ne leur donnerez pas de fin heureuse. Vous ne leur ferez pas chanter au « finale » une joyeuse « Felicita », comme dans les opéras italiens.

C’est que je sais, moi, pour avoir lu vos lettres, à quel point Eve Hanska, votre belle comtesse ukrainienne, vous manque. Vous ne trouverez le repos, lui dites-vous, qu’une fois mariés. Et vous lui écrivez cela alors que vous démontrez dans vos « Petites Misères » que le mariage est une calamité ! Ne vous vengez-vous pas un peu durement de ne pas vivre selon vos rêves ?

C’est que « les ouvrages naissent dans la tête de leurs auteurs aussi mystérieusement que poussent les truffes au milieu des plaines du Périgord ». Vous l’avez écrit par ailleurs, et comme je vous approuve ! Je compte bien en faire témoin notre public, en en faisant, plus que des petites misères, le sujet de ma pièce.

Dans l’attente de vous relire, et avec mon infinie reconnaissance, permettez-moi d’apposer, sous votre illustre nom, Balzac, mon humble signature. »

Jean-Marc Chotteau

"Une pièce vive et drôle, bien conduite et bien jouée. " L. Baron, La Marseillaise
"Trois formidables comédiens. l’ensemble est enlevé, judicieux, rythmé, accessible et soutenu par une mise en scène astucieuse et ludique. Voilà qui nous fait retrouver le bonheur d’être spectateur ! " Gil Chauveau, La Revue du spectacle
"Eric Leblanc ressemble à s’y méprendre à Balzac et fait surgir du personnage son côté humain et irrésistible. Pour le plus grand plaisir du spectateur, J.-M. Chotteau a lu Balzac à la manière d’une analyste de laboratoire." Marie-Joëlle Pollet, Le Courrier de l’Escaut