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PRISES DE BECS AU GALLODROME


Un florilège des pires scènes de ménage de Molière à Ionesco
Adaptation et mise en scène Jean-Marc Chotteau

Avec : Angélique Catel, Didier Coquet, Éric Leblanc, Sébastien Meerpoel, Laurence Salembier et Bruno Tuchszer

Du mardi 07 au jeudi 09 février 2012
Centre Culturel de Comines-Warneton, Comines [B]

Spectacle hors abonnement


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Production : La Virgule, Centre Transfrontalier de Création Théâtrale(Mouscron-Tourcoing)
Scénographie : Jean-Marc Chotteau
Costumes : Léa Drouault
Régie : David Lacomblez
Durée du spectacle : 1h25 sans entracte


Sur le « pit » d’un gallodrome, l’arène traditionnelle des combats de coqs reconstituée à l’identique sur la scène du Centre Culturel de Comines en Belgique, fidèle partenaire de La Virgule, Jean-Marc Chotteau met en scène des couples dans les scènes de ménage les plus drôles du théâtre français. De Molière à Ionesco, en passant par Feydeau, Courteline, mais aussi Simons le savoureux auteur ch’ti, les poules et les coqs de ces duels conjugaux caquètent, s’égosillent et se volent dans les plumes dans des disputes à pleurer de rire. Comme le théâtre, les scènes de ménage et les combats de coqs ont leurs règles et leurs rites, et la confrontation jouissive de ces univers pourrait bien montrer que le plus cruel n’est pas forcément celui que l’on croit.

Dans des joutes aux règles précises, selon un rituel repris aux plus grandes civilisations comme la Perse, l’Egypte, la Grèce et Rome, des coqs de combat choyés par des éleveurs passionnés s’affrontent, aujourd’hui encore, sur un ring cerclé de grillage et entouré de gradins. Cette activité quelque peu secrète s’exerce dans des « gallodromes » (du latin gallus, le coq) notamment en Flandre et en Artois. Un décret du 08 juillet 1964, initié par Charles de Gaulle, tolère qu’on fasse « battre les coqs » dans les lieux où la tradition ne s’est jamais interrompue.
En 1999, Jean-Marc Chotteau décide de faire du « pit » - ou « cockpit » (littéralement le « trou à coqs ») - le lieu éminemment théâtral, dans sa brutale nudité, de l’affrontement de ces hommes fiers comme des coqs, de ses femmes qui font la cocotte, et de tous ces personnages du répertoire qui, après avoir fait la cour, se dressent sur leurs ergots et se volent dans les plumes. Caquètements et gloussements des coqs et cocottes n’ont-ils d’ailleurs pas nourri la comédie depuis Aristophane jusqu’à Feydeau ?
Après les avoir présentées dans d’authentiques gallodromes du Nord de la France, La Virgule a reconstitué un « pit » à l’identique pour présenter le spectacle en 2005 dans le cadre du Festival d’Avignon, et depuis, chaque année, en tournée sur tout le territoire, où les Prises de becs ont rencontré un formidable succès, jamais démenti.
Comme le théâtre, les combats de coqs ont leurs règles, leurs codes, leur « dramaturgie ». C’est de celle-ci que Chotteau s’inspire pour créer le lien entre ces ménages en « scènes », aux styles aussi différents que ceux de leurs « éleveurs » : Molière, Courteline, Feydeau, Simons ou encore Ionesco. Le spectacle s’amuse à jouer de cette diversité, notamment par la confrontation de langues presque étrangères les unes aux autres : de la rigueur exotique du classique à celle plus syncopée et familière de l’absurde, de celle attendue du vaudeville au parler ch’ti, à proprement parler inouï.
Mais surtout, en jouant dans la configuration particulière d’une arène qui abolit le quatrième mur, Prises de becs au gallodrome donne à voir autre chose que les variations sur la fidélité conjugale ou l’usure du couple dans la tradition du boulevard. Elle offre au public l’image du public lui-même, de son regard, de ses applaudissements et de ses rires. Car du monde du théâtre et de celui des « coqueleux », le plus étrange et le plus cruel n’est pas forcément celui qu’on croit. Le coqueleux ne rit pas du coq sur lequel son adversaire se déchaîne, tandis que le spectateur de théâtre, lui, rit du cocu et applaudit les amants magnifiques.
Sur le ring du gallodrome, l’exhibition des ménages, au même titre que dans n’importe quelle « ménagerie », devient à la fois analyse et spectaculaire démonstration…
Où est l’homme, où est la bête ? Abraham Lincoln, répondant à des citoyens qui lui demandaient de faire cesser la pratique des combats de coqs, eut cette phrase magnifique : « Aussi longtemps que notre Dieu Tout-Puissant, permettra à l’homme - créé à son image ! - de se battre en public et de s’entretuer, pendant que le reste du monde contemple cela sans rien faire, il ne m’appartient pas, à moi, de priver les poulets du même privilège ! »


La presse en parle :

Féroces, hilarantes, inquiétantes, les plus belles scènes de ménage de théâtre, pour un spectacle aussi inattendu que le lieu où il se déroule ! Arnaud Laporte France Culture

Une des démarches les plus insolites de la saison… Excellents comédiens… Hâtez-vous ! Le Courrier de l’Escaut

A pleurer de rire. La performance des acteurs est remarquable. François Flourens La Voix du Nord

Un théâtre certes jubilatoire, mais peut-être plus profond qu’il n’y paraît. Roland Duclos La Montagne