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La Honte


de François Hien
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mise en scène de Jean-Christophe Blondel
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Spectacle proposé à l’abonnement
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Du 8 décembre 2022 au 9 décembre 2022

Théâtre Municipal Raymond Devos, Tourcoing [F]

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• jeudi et vendredi à 20h
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Rencontre avec l’équipe artistique le jeudi 08 décembre à la fin de la représentation.
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Réserver en ligne

 

Production : Compagnie Divine Compagnie (Rouen)
Coproduction : Comédie Poitou Charente / Le Méta - CND de Poitiers, Théâtre de Rungis
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Soutiens : DRAC Normandie, Région Normandie, le Département de la Seine Maritime, l’ODIA Normandie, Dièse Auvergne-Rhône-Alpes - Comédie de Saint-Étienne
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Avec : John Arnold, Yannik Landrein, Noémie Pasteger, Pauline Sales
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Musique : Rita Pradinas
Scénographie : Cerise Guyon
Lumières : Solange Dinand
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Durée du spectacle : 2h00 sans entracte
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À partir de 15 ans


Photothèque


Pièce passionnante et subtile, prenant résolument le contre-pied des manichéismes de notre société d’opinion, La Honte interroge la zone grise qui peut entourer une relation dénoncée a posteriori comme un viol. Après avoir pris le public à témoin d’une soirée qui finira par un rapport sexuel entre un professeur et son étudiante, la pièce interroge encore et encore cette scène liminaire. Au cours d’une enquête, se multiplient témoignages sur les protagonistes et réflexions sur les rapports de pouvoir dans la sexualité, la question du consentement et de son expression, et certains concepts du féminisme contemporain : la culture du viol, la masculinité toxique, l’emprise patriarcale…
Menée à un rythme haletant, bien que dans une grande sobriété de mise en scène, La Honte fait tour à tour passer les spectateurs de l’envie de prendre parti au constat de la complexité de définir des intentions, de la volonté de lever l’ambiguïté des faits à la conscience de la relativité de l’expression de ressentis. Une pièce palpitante, nuancée, utile, qui, sans nul doute, continuera de nourrir les spéculations et de provoquer des débats après le spectacle.



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LA HONTE

Un soir, Louis, professeur d’université d’une cinquantaine d’années, a une relation sexuelle avec une de ses doctorantes, Géraldine, venue à son domicile poser des questions sur sa thèse. Pas de contrainte physique de la part du professeur, pas de refus clair de la part de l’étudiante, pas non plus d’expression claire de son consentement. Nous assistons à la scène : mais voyons-nous tous la même chose ? Après quelques semaines, Géraldine signale à l’Université un « comportement inapproprié ». Plus tard, elle parlera de viol.
Le silence de l’institution suscite un tel tollé auprès d’une partie des étudiants, qu’est mise en place une commission disciplinaire publique, animée par deux professeurs : Clémence, une collègue de Louis, du même âge, qui globalement va entreprendre la défense de Géraldine, et un jeune professeur, Mathieu, soucieux de défendre la présomption d’innocence de l’accusé.
Nous embarquons alors dans ce qui ressemble étrangement à un procès, un huis-clos électrique et poignant au cours duquel les certitudes se fissurent, où la justice semble s’inventer devant nous, et où la révolte cherche sourdement sa voix.



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JEAN-CHRISTOPHE BLONDEL

Après des études d’ingénieur, Jean-Christophe Blondel entre à l’ESAD (Paris). Il est dramaturge auprès de Yoshi Oïda (Les Bonnes, danse-théâtre) et de Yves Beaunesne (Ruy Blas) mais aussi vidéaste-documentaire pour Laurence Mayor (Le Chemin de Damas).
Il met en scène Claudel, Maeterlinck, Ibsen, Borgès, Bernhardt, Érasme, des auteurs d’aujourd’hui : Lagarce, Sorokine, Fosse, Brattberg, mais aussi des spectacles sans parole (Stravinsky).
Il fait dialoguer, dans un esprit de création très collectif, des artistes à forte personnalité, de tous horizons et toutes générations, comédiens, musiciens, chorégraphes, plasticiens...
Il met également en place des actions artistiques pour les publics amateurs et scolaires, les personnes âgées, ainsi que pour des détenus ou des résidents étrangers.
Il travaille régulièrement en Chine.



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FRANCOIS HIEN

Après des études de montage à l’Insas, en Belgique, François Hien devient documentariste : Brice Guilbert, le bel âge, sur le parcours de formation d’un jeune chanteur ; Saint-Marcel - Tout et rien voir, huis clos dans une maison auvergnate entre deux femmes liées par un lourd secret.
En 2015, il achève deux longs métrages documentaires : Kustavi, épopée intime en alexandrins, portrait croisé de deux femmes en quête de leur propre parole, et Kaïros, portrait d’une jeune femme franco-irakienne face au Printemps arabe.
Il réalise également des fictions, Félix et les lois de l’inertie en 2014, et Le Guide, tourné dans le sud marocain. Ses films circulent dans des festivals internationaux...
Il publie en 2017 l’essai Retour à Baby-Loup, Contribution à une désescalade. Il a écrit deux premières pièces du réel, La Crèche, fruit d’une enquête sur la question du voile à la crèche Baby Loup, et Faut-il tuer Olivier Masson, inspirée de l’histoire de Vincent Lambert.



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La presse en parle

Le public est embarqué dans l’audience publique, et il y a fort à parier que les débats continuent entre spectateurs au retour du spectacle. Car cette proposition donne à penser autant qu’à voir et y parvient sans dogmatisme, même si le ton est vif et les propos parfois verts et brutaux. Le théâtre ajoute ce qui manque souvent aux débats stériles sur ces questions : de la chair, de la psychologie, la particularité de la mise en situation et les rets inextricables des relations humaines.
Catherine Robert, La Terrasse

Porté par un quatuor d’acteurs convaincants, le texte s’écoute avec intérêt (...). Il essaie de creuser des concepts trop souvent ratatinés sur les réseaux sociaux. C’est l’avantage du théâtre, il sait prendre son temps.
Joëlle Gayot, Télérama

Le texte de François Hien est puissant, précis et efficace (...) Les comédiens, tous formidables, sont fascinants de réalisme. Ils disposent d’une belle présence scénique qui apporte force et consistance au propos délicat de ce récit.
Laurent Schteiner, theatre.online

Son texte est une véritable prouesse, car tout y est : la triste banalité de la domination de genre, la question institutionnelle, le contexte MeToo en filigrane et les perspectives de son dépassement, mais aussi de multiples et subtils clins d’œil allant de La Honte de Bergman à celle d’Annie Ernaux, en passant par La domination masculine de Bourdieu. Cependant, le dramaturge a su couler ce tout dans le creuset d’une œuvre aussi originale que nécessaire.
Jean-Pierre Haddad, Cultures FNES-FSU

Le propos accroche l’attention d’un bout à l’autre du spectacle.
Coup de théâtre