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LE SIGNAL DU PROMENEUR


Par le Raoul Collectif

De et avec : Romain David, Jérôme de Falloise, David Murgia, Benoît Piret, Jean-Baptiste Szézot

Jeudi 14 et vendredi 15 mars 2013
au Théâtre Municipal Raymond Devos, Tourcoing [F]

Spectacle à l’abonnement


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Production : Raoul Collectif (Liège)
Coproduction : Théâtre National de la Communauté Française (Bruxelles), Maison de la Culture (Tournai)
Avec l’aide du Ministère de la Fédération-Wallonie-Bruxelles, Service du Théâtre
Avec le soutien de Zoo Théâtre (Liège), le Groupov (Liège), Théâtre & Publics et L’Ancre (Charleroi) dans le cadre de « Nouvelles Vagues »
Assistanat à la Mise en Scène : Édith Bertholet
Regard Extérieur : Sarah Testa
Régie Générale : Philippe Orivel
Chargée de Production : Catherine Hance
Costumes : Natacha Belova
Son : Julien Courroye
Lumière : Emmanuel Savini
Durée du spectacle : 1h35 sans entracte


Objet théâtral véritablement inhabituel, Le Signal du promeneur évoque par bribes, par citations disséminées, par mises en situations imaginées, cinq biographies bien réelles d’hommes en lutte radicale, solitaire, violente, voire mortifère, avec leurs milieux respectifs ou avec la société toute entière : parmi celles-ci, l’histoire tragique de Jean-Claude Roman qui assassina sa famille pour ne pas avouer qu’il avait inventé totalement sa vie de médecin. Ces figures sont moins les protagonistes d’une narration que les ingrédients d’un état des lieux et d’une réflexion sur ce qui pousse les individus jusqu’au point de rupture avec certaines prescriptions ou formes figées de la société, mais aussi sur le prix que paie l’individu qui renonce trop longtemps à rompre avec un cadre qui le fait souffrir. Le spectacle se présente ainsi comme une toile d’araignée tissée de cinq vies liées entre elles par l’écho qu’elles provoquent en nous. Isolées les unes des autres, elles ne se répondent pas directement, mais leurs protagonistes interrogent tous le besoin, la recherche, la quête d’être en vie ; ils sont porteurs d’une révolte et opposent à leur monde devenu insensé le cri viscéral du vivant. De quel désir, de quelle énergie témoignent ces fuites, ces exils, ces arrachements - parfois désespérés et tardifs - aux cadres convenus, aux valeurs en cours ?

Romain David, Jérôme De Falloise, David Murgia, Benoît Piret et Jean-Baptiste Szezot sont issus du Conservatoire de Liège. Ils y travaillent ensemble à un embryon de pièce, avec l’ambition, comme les y invite l’enseignement qu’ils reçoivent, de s’engager en tant qu’artistes sur les débats politiques et philosophiques qui agitent la société, voire à devenir les forces concrètes qui cherchent soit à la transformer soit à indiquer dans sa marge des voies alternatives. Le Signal du promeneur est né de ce projet initial, une fois le groupe d’étudiants assemblé en un collectif. De cette dynamique - sorte de laboratoire pratique de démocratie, sans doute quelque peu utopique -, de la friction de leurs cinq tempéraments se dégage une énergie particulière perceptible sur le plateau, une alternance de force chorale et d’éruptions des singularités, une tension réjouissante, tant dans le propos que dans la forme, entre rigueur et chaos, gravité et fantaisie. Et leur nom, le Raoul Collectif (« le conseil des loups » selon l’étymologie germanique du prénom), s’il est un hommage à l’auteur belge libertaire et situationniste Raoul Vaneigem, résonne aussi comme une volonté affichée par ces jeunes gens de ne jamais se prendre au sérieux.

« À l’annonce de l’éternité de la domination libérale sur le monde, à la fermeture définitive d’une « hypothèse révolutionnaire », à cette fatalité désespérante selon laquelle « le monde court à sa perte », nous avons l’intarissable désir d’opposer, comme un cri surgi de l’enfance, la couleur passionnelle de la nécessité de vivre, la reconnaissance du vivant et l’expansion de ses forces. Il semblerait que tout soit passé ou dépassé, que tout ait déjà été inventé... Nous nous en réjouissons : délivrés de cette ambition d’avoir à délivrer du neuf, nous voulons affirmer que dans un monde qui se détruit, la création reste le seul moyen de ne pas se détruire avec lui. Cette énergie adolescente constitue le mouvement dans lequel notre collectif a vu le jour et veut se traduire dans l’inscription d’un théâtre qui met en avant les joies de la libération. » Le Raoul Collectif

Première création et « coup de maître » comme le souligne une presse unanime, Le Signal du promeneur a reçu le « Prix du Public » et le « Prix Odéon - Télérama » lors du festival Impatience à Paris en mai dernier, avant de connaître durant l’été un remarquable succès au festival d’Avignon.

« Ce spectacle est un petit miracle. Une perle qui, brusquement, surgit dans notre paysage théâtral. Cinq joyeux compères, sortis il y a peu du Conservatoire de Liège, ont enchanté le public à la première de leur spectacle. (...) On a découvert des Monty Pythons à la belge, des formidables acteurs au service de leurs propres textes qui parlent du sens de la vie, de la désespérance d’être dans une société bloquée comme l’est la nôtre, mais cela sur un mode ironique, drôle et inventif. On souhaite de longue vie à ce collectif et, au minimum, qu’il ait la possibilité de réitérer ce coup d’essai, ce coup de maître... » Guy Duplat, La Libre Belgique

« Prix du jury et Prix du public, Le Signal du promeneur, des cinq Liégeois du Raoul Collectif, offre quelques étonnants moments d’égarement. Construisant leur spectacle autour de cinq authentiques aventures individuelles -entre mensonge assassin, folie douce et explorations extrêmes-, les comédiens nous baladent dans des situations hors de l’espace et du temps, se jouent de la vraisemblance, du cadre, de la durée, de la gravité et de la légèreté (…) Ils jonglent avec l’effroi et l’émerveillement ; sachant se recueillir en fredonnant miraculeusement Beethoven a capella. On erre joliment dans ce spectacle. Y guettant des signes, des mots, des sensations… » Télérama