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LE CHANT DU CYGNE


D’après Anton Tchekhov
Adaptation & mise en scène d’Antoine Lemaire

Avec : Mathieu Jedrazak, Magdalena Mathieu, Philippe Peltier, Pierre Reggiani

Du jeudi 14 au samedi 30 novembre 2013
au Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

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Production : Thec (Cambrai)
Coréalisation : La Virgule (Mouscron-Tourcoing)
Création vidéo : Franck Renaud
Durée du spectacle : 1h30 sans entracte


Pour cette seconde étape du compagnonnage entre La Virgule et Thec, après la présentation d’Adolphe la saison dernière, Le Chant du cygne marque une nouvelle étape dans le travail d’Antoine Lemaire. Sur le plateau du Salon de Théâtre pour lequel il a imaginé le projet, il confrontera une courte pièce avec une création originale de sa plume, pour ouvrir une réflexion active et amoureuse sur la nature éphémère du théâtre. Philippe Peltier y tiendra tour à tour le rôle du comédien vieillissant de la pièce de Tchekhov et son propre rôle de doyen des acteurs du Nord - Pas de Calais.

Après sa sortie de scène, le vieux Svetlovidov s’endort ivre-mort dans sa loge. Il se réveille au beau milieu de la nuit, seul et apeuré, prisonnier du théâtre dont les portes sont fermées de l’extérieur. Cherchant désespérément de l’aide, il finit par trouver Ivanytch, le souffleur qui, n’ayant nulle part où dormir, passe ses nuits dans les coulisses des théâtres. Cette rencontre impromptue amène les deux hommes à évoquer les heures glorieuses du théâtre d’autrefois et la carrière passée de Svetlovidov. L’acteur se lance alors à corps perdu dans l’interprétation des tirades de ses plus grands rôles : Boris Godounov, Othello, le Roi Lear et Hamlet, dans une ultime flamboyance, son chant du cygne… En diptyque à cette pièce en un acte de Tchekhov, Antoine Lemaire propose une création originale écrite autour du comédien Philippe Peltier à qui il confie le rôle de Svetlovidov.

Cette nouvelle création d’Antoine Lemaire et Franck Renaud a été imaginée pour l’espace du Salon de Théâtre et mûrie durant le compagnonnage entre Thec et La Virgule entamé en 2012. Le projet du Chant du cygne rend doublement compte du travail de la compagnie cambraisienne. Il poursuit le travail d’exploration panoramique sur les générations entamé avec Vivre sans but transcendant est devenu possible (les 20/25 ans), L’Instant T (les quadras) et Vivre est devenu difficile mais souhaitable (les septuagénaires), en parlant, cette fois, d’un personnage de quatre-vingts ans. Le Chant du cygne est aussi le prolongement de la réflexion entamée par la compagnie sur la vieillesse des artistes, travail qui se poursuivra prochainement avec la création du Roi Lear.

Le Chant du cygne fera coexister sur le plateau deux styles distincts. La première partie, la pièce de Tchekhov, sera proposée dans une mise en scène classique : deux comédiens dans un décor réaliste évoquant les temps passés, mais en gardant bien à distance toute tristesse ou mélancolie. Antoine Lemaire souhaite « faire entendre toute la gaieté et la vitalité du texte, qu’il reste profondément actif. Qu’il ne soit ni méditatif, ni réflexif. Nous tenterons de mettre en place un jeu très nuancé, car, Tchekhov c’est un théâtre de la nuance. Comme l’écrit Verlaine : nous voulons la nuance encore, pas la couleur, rien que la nuance. » La seconde partie adoptera un style plus contemporain, entre théâtre documentaire et théâtre expérimental. Le décor se fera technologique et le personnage Svetlovidov laissera place au comédien Philippe Peltier qui évoquera sa carrière, dans un hymne au théâtre. « Du théâtre dans le théâtre… ce spectacle peut être vu comme l’histoire d’un parcours, réunifiant les adeptes du rideau rouge et ceux des formes les plus contemporaines. »


Antoine Lemaire

Antoine Lemaire crée en 1997 la compagnie Thec avec laquelle il met en scène des textes préexistants de Michel Azama, Steven Berkoff, Copi, Sarah Kane ou Shakespeare. Il éprouve le besoin croissant d’insérer ses propres mots dans son travail, ceux issus de son expérience de plateau et de son travail avec les comédiens. En 2008, il entame un cycle d’écriture et de mise en scène autour de la confession intime. Vivre sans but transcendant est devenu possible, primé au Festival Les Eurotopiques et créé à La Virgule au Salon de Théâtre, sera le premier des cinq volets de ce cycle, qui se poursuivra avec L’Instant T (2009), Tenderness (2010), Vivre est devenu difficile mais souhaitable (2011) et Adolphe (2012). Ces cinq pièces confrontent la parole intime à la théâtralité : maintenant que la télévision, Internet, la littérature et les journaux se sont emparés de la confession intime pour en faire leur principal fonds de commerce, qu’en est-il du théâtre ? Peut-il prendre à bras le corps ce type de parole ? Est-ce d’ailleurs son rôle de prendre en charge ce flot de pensées en mouvement, de mots quotidiens, de lieux communs ? Le Chant du cygne marque le début d’un nouveau cycle dans le travail d’Antoine Lemaire par une autre approche de la question de la théâtralité.