NEWSLETTER

HYPOTYPOSES


ou La Naissance calamiteuse d’une vocation d’acteur

Écrit, mis en scène et interprété par Jean-Marc Chotteau

Du jeudi 27 novembre au samedi 13 décembre 2014
au Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

Spectacle hors abonnement


> Retour aux autres spectacles de la saison


 
 

Production : La Virgule - Centre Transfrontalier de Création Théâtrale (Mouscron-Tourcoing)
Avec : Jean-Marc Chotteau
Assistanat à la mise en scène : David Lacomblez
Création vidéo : Fanny Derrier et Élise Parat
Création musicale : Cécile Broché
Interprétation musicale : Cécile Broché et Timothée Couteau
Création lumières et régie générale : Éric Blondeau

Durée du spectacle : 1h50 sans entracte


Phototèque


Créé l’hiver dernier, ce spectacle aussi drôle que touchant, salué par la presse et chaleureusement applaudi par tous les publics, est repris exceptionnellement pour une dizaine de représentations. Jean-Marc Chotteau, seul en scène, vous emmène dans les chemins de son enfance, la vôtre aussi peut-être, à travers sa découverte des mots et des textes qui l’amèneront très jeune à cette si étrange envie de les partager avec un public, en les « donnant à voir », - ce qui est la définition même en littérature d’une figure de style qu’on appelle « hypotypose ». Bien que confession très personnelle, où le comédien met en scène les instigateurs sans le savoir de ses premières et très épiques prestations sur les planches, (une sœur, une grand-mère, un instituteur et un jeune frère qu’il surnomme « calamité »), chacun peut se sentir concerné par cette évocation, mêlée d’humour et de sincérité, des méandres d’une vocation…

L’hypotypose est une figure de rhétorique consistant à donner à un récit
l’allure d’un tableau vivant.
Comme si ce qui était dit était actuellement devant les yeux.

Note d’intention pour HYPOTYPOSES , mai 2013 :

« Balzac ne trouvant jamais de réponse quand on l’interrogeait sur l’origine de ses idées en concluait que « les ouvrages naissent dans la tête de leurs auteurs aussi mystérieusement que poussent les truffes au milieu des plaines du Périgord ». Je me suis de même souvent demandé d’où pouvait venir cette impérieuse pulsion à laquelle certains lecteurs ne savent résister, qui les invite à transformer le plaisir de leurs lectures solitaires et silencieuses en insatiable désir de les partager avec un public. Névrose narcissique des acteurs peut-être ? Besoin d’amour certainement ! Mais amour de soi ou amour des autres ?
Comment et surtout pourquoi devient-on comédien ? Ne sachant trop y répondre, je me suis mis à interroger les faux replis de ma propre mémoire, là où sont mystérieusement et à jamais gravés ces textes qui ont accompagné ce que certains appellent un parcours. Le terme est bienvenu car c’est bien des compagnons de route que se révèlent avoir été ces poèmes, ces tirades, ces discours, ces pensées, ces chansons, apprises un jour par cœur sous l’ordre d’un instituteur ou d’un metteur en scène, mais le plus souvent par pur plaisir. Quelque chose qui tient au corps et au cœur comme le chante Laurent Voulzy, et à quoi on fait appel parfois quand le chemin est dur.
Sont alors sortis pêle-mêle, mais quasi intacts, de cette très inattendue mémoire qui semblait comme les avoir bonifiés avec le temps, La Conscience de Victor Hugo, La Grasse matinée de Prévert, Une Nuit de l’Enfer de Rimbaud… et puis d’autres encore qui se bousculaient pour se faire une place, à haute voix.
D’autres personnages se sont réveillés, plus anonymes, mais qu’il ne fallait pas laisser sur le chemin pour avoir été à l’origine de ma vocation : « Calamité » d’abord, ce frère cadet qui me vole le sein de ma mère en trônant sur ses genoux ; une sœur , aux jambes teintes de chicorée, largement mon aînée, qui apprenait la sténodactylo et me stupéfia à me montrer, un jour de printemps où je m’exerçais à écrire des mots sur sa Remington, qu’elle écrivait le mot cerise sous la forme d’un seul Z à l’envers ; monsieur Delattre, mon instituteur, qui, les jours de sagesse, nous faisait divinement après le cours la lecture de La Guerre du feu de Rosny aîné, et me fit jouer à mon grand dam le loup et non le lion dans Les Animaux malades de la peste ; ma maman, qui m’inscrivit à douze ans au « Concours de diction de la Ville de Roubaix » (sic !) que j’eus la bonne idée de gagner pour pouvoir faire un tristement mémorable récital de La Légende des Siècles au Colisée de Roubaix… Le Colisée ! Ce lieu pour moi mythique où mon père, qui m’y avait emmené voir Quo Vadis et Ben Hur en Technicolor et qui y avait vu lui-même chanter Edith Piaf (en noir et blanc), me dit simplement, à la fin de ma prestation : « c’est bien mon petit ».
C’est ainsi que naquit l’idée de faire entendre dans un spectacle quelques-uns de ces compagnons-là, et d’autres peut-être encore, dans ce que ma mémoire aura été capable de leur laisser en matière de permissions de sortie et de liberté conditionnelle. Souvenirs des étapes d’une aventure théâtrale, la mienne, celle que je connais le moins mal, celle d’un amoureux des mots qui n’a eu de cesse de les donner à entendre.
Mais cette fois le pari sera de les « donner à voir », non pas à grand renfort de scénographie spectaculaire, d’effets spéciaux, ou de distribution pléthorique. Non, je serai seul, jouant des silences dans la boîte noire d’une nuit blanche, pour mieux habiller mots et pensées, et faire au public, sans autre secours que cette figure, que l’art de dire appelle Hypotyposes , mon cinéma. »

Jean-Marc CHOTTEAU

« Touchant, tendre et passionnant. » La Voix du Nord
« Une plongée gourmande, ponctuée d’humour dans le maelström des mots. » La Gazette
« Une histoire personnelle finalement universelle. » Sortir
« Une belle complicité avec le public. » La Croix du Nord
« Chacun y retrouvera sa mémoire personnelle. » Nord-Éclair
« Lumineuse mémoire. » Liberté Hebdo
« L’amour des mots. » 20 minutes