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ÉTINCELLES


Texte et mise en scène de Laura Sicignano

Du jeudi 21 janvier au samedi 06 février 2016
au Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

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Coproduction : La Virgule (Mouscron-Tourcoing), Teatro Cargo (Gênes)
Ce texte a reçu l’aide à la création du Centre National du Théâtre pour sa traduction française
Avec : Patricia Pekmezian
Traduction française : Juliette Gheerbrant
Assistant à la mise en scène : Olivier Favier
Documentation historique : Silvia Suriano
Musique originale : Edmondo Romanao
Scénographie : Laura Benzi
Costumes : Maria Grazia Bisio
Lumière : Tiziano Scali
Régie : Éric Blondeau
Durée du spectacle : 1h30 sans entracte
Les jeudis, rencontre avec l’équipe artistique à la fin de la représentation


Phototèque


New York, samedi 25 mars 1911, 16h40 : dans un quart d’heure, l’usine de chemisiers de la Triangle Shirtwaist Company fermera ses portes. Près de 600 personnes sont encore au travail, essentiellement de très jeunes filles. La plupart parlent à peine anglais. Elles sont immigrées d’Italie ou d’Europe de l’est et représentent maintenant le principal soutien économique de leur famille. Une étincelle, jaillie peut-être de l’une des rares lampes à gaz qui éclairent les rangs de couseuses, courbées sur leurs machines. En un instant, au huitième étage du gratte-ciel qui abrite l’usine, tout s’enflamme dans les vastes pièces. Les dispositifs anti-incendie sont inopérants. Les ouvrières sont prisonnières des flammes, à cent mètres de haut. Le seul escalier de secours extérieur s’est écroulé. La tragédie se déroule en 18 minutes. 146 morts. Beaucoup sont asphyxiées par la fumée. Pour les autres, il ne reste plus qu’une issue : sauter. C’est une cascade de corps. De jeunes filles qui se jettent dans le vide en se tenant par la main. De jeunes filles en flammes.

Laura Sicignano a écrit cette nouvelle pièce pour une actrice seule en scène à qui elle confie les récits de plusieurs personnages. Patricia Pekmezian, actrice lilloise au talent reconnu, reprend les rôles de ces femmes dans cette création en français d’Étincelles. À la grande Histoire se mêle ici l’histoire des petites gens, les destins d’une mère et de ses deux filles. Les espérances simples qu’elles nous livrent dans une grande humanité, se brisent contre des intérêts plus forts. Leurs récits nous transportent au cœur du mythe américain, rêve - et déchirement - de tant d’émigrés européens. La poésie de leur vie quotidienne, sobrement figurée sur scène par quelques machines à coudre et de simples chemisiers blancs, leur stupeur face à une métropole qui fascine et intimide, émeuvent. Puis, sans artifice, dans le dénuement de la parole et de son incarnation théâtrale, le récit bascule dans le tragique. Seule la mère sortira vivante de l’incendie. Mère blessée, offensée, orpheline de ses propres enfants, elle ne demande au public qu’une seule chose : ne pas oublier. De ce terrible épisode aura jailli l’étincelle de la lutte. L’incendie de Triangle Shirtwaist devenant l’une des références historiques de la Journée de la femme.


Laura Sicignano

Laura Sicignano est diplômée en Histoire du théâtre à l’Université Catholique de Milan. Elle travaille d’abord en tant que journaliste de théâtre, chargée de production et de relations publiques auprès de plusieurs théâtres et comme assistante à la mise en scène auprès de Alfonso Santagata, Claudio Morganti, Elio de Capitani, Federico Tiezzi Magazzini ou Tonino Conte. Elle fonde Teatro Cargo à Gênes, en 1994, compagnie qu’elle dirige toujours aujourd’hui. Laura Sicignano écrit ses propres textes, adapte et met en scène des pièces issues de répertoires extrêmement divers : Salomé de Oscar Wilde, Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, American Psycho de Bret Easton Ellis, Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos… Avec sa compagnie elle travaille en relation directe avec les populations de Gênes, important port du Nord de l’Italie et ville à l’industrie textile autrefois prospère. Ses créations ont pris récemment une orientation résolument tournée vers le réel, la mémoire et les récits de vie ; ainsi Donne in guerra, écrit d’après les mémoires de femmes ayant vécu la Guerre 39-45, que les spectateurs de La Virgule ont pu voir en mai 2015 grâce au Prix du Jury reçu par ce projet lors de la 4ème édition du festival Les Eurotopiques sur le thème des Passions. Laura Sicignano est également fondatrice de SNOQ, un mouvement pour les droits des femmes.


La presse en parle

À voir absolument !
Christian Vincent, La Voix du Nord

Émouvant et réussi.
Nord Éclair

Une pièce d’une grande puissance émotionnelle et d’une grande précision historique.
Katia Ipasso, Gli altri

Un texte intense.
Donatella Alfonso, La Republica

L’attention du public est captée sur un rythme haletant.
Francesca Camponero, Il Giornale