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DORMEZ, JE LE VEUX


de Georges Feydeau

Mise en scène de Lisa Wurmser

Précédé d’extraits d’Instructions aux domestiques de Jonathan Swift

Jeudi 28 et vendredi 29 janvier
Au Théâtre municipal Raymond Devos, Tourcoing, (F)

Spectacle à l’abonnement


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Production : Théâtre de La Véranda (Paris)
Co-production : Comédie de Picardie (Amiens), le Centre des Bords de Marne (Le Perreux sur Marne)
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Avec le soutien : du Conseil Général du Val de Marne et du Conseil Général de l’Essonne.
Le Théâtre de La Véranda est soutenu par la DRAC Ile-de-France - Ministère de la Culture et de la Communication
Production exécutive : Bureau de production Prima Donna
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Avec : Gilles Amiot, Jean-Louis Cordina, Séverine Fontaine, René Hernandez, Emmanuelle Michelet et Sarah Quentin
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Magie : Thierry Collet
Costumes : Marie Pawlotsky
Machines : Olivier de Logivière
Chorégraphie : Gilles Nicolas
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Durée du spectacle : 1h15 sans entracte


Phototèque


Une comédie hilarante de Feydeau, une satire mordante des rapports entre bourgeois et domestiques. Justin, le valet d’un opulent bourgeois, use sans vergogne de son don de magnétiseur pour hypnotiser son maître et lui faire effectuer à sa place les tâches domestiques. Mais, lorsque ce dernier décide d’épouser la fille d’un professeur spécialiste des sciences occultes, l’organisation particulière de la maison semble promise à de rapides bouleversements... Un vaudeville farcesque mis en scène avec le renfort d’illusions dignes du grand Houdini. L’ironie acerbe des Instructions aux domestiques de Jonathan Swift vient en préambule accentuer la portée critique de cette irrésistible comédie.



DORMEZ, JE LE VEUX

Justin, valet de son état, coule des jours paisibles dans la maison Boriquet. Depuis que le bonhomme s’est découvert par hasard un don pour l’hypnose, il ne se prive pas de magnétiser son maître à la moindre occasion pour faire effectuer par cet infortuné patron toutes les tâches domestiques ingrates qui lui seraient normalement dévolues. Un jour, alors que Boriquet déjeune avec sa soeur en attendant l’arrivée imminente de quelques invités de marque, Justin apprend une nouvelle à même de contrarier l’harmonie particulière de la maison et de sonner le glas de son paresseux confort : Boriquet s’apprête à demander au Docteur Valencourt la main de sa fille Emilienne. Voulant à tout prix faire échouer les plans de son maître, Justin entreprend d’utiliser ces pouvoirs pour ridiculiser Boriquet aux yeux de sa promise et de sa belle-famille. Mais le bougre va avoir maille à partir avec le Docteur Valencourt, éminent représentant de l’École de Nancy et spécialiste reconnu du paranormal et des sciences occultes…

Passionnée par l’univers du cirque et des illusionnistes, Lisa Wurmser porte à la scène cette comédie drolatique et terriblement efficace de Feydeau en accentuant son propos paranormal loufoque grâce à des illusions visuelles inspirées des célèbres tours de Robert Houdin. La lutte des classes gentiment absurde à laquelle nous assisterons sera donc également l’occasion d’un spectacle visuel éblouissant, où la féerie et la magie insufflées par la mise en scène le disputeront aux dialogues hilarants, incisifs et merveilleusement rythmés d’un texte de la meilleure plume du maître du Vaudeville. Et, puisque la pièce de Feydeau voit le germe de l’utopie sociale qu’elle instaure balayé finalement par un inévitable retour à l’ordre - nécessaire compromission d’un auteur acceptant les règles du théâtre bourgeois -, la metteur en scène a choisi d’étendre la portée critique de cette farce en présentant en avant-propos des extraits des Instructions aux domestiques de Jonathan Swift. Auteur irlandais du XVIIIe siècle, Swift se montre, il est vrai, bien plus virulent contre l’ordre établi, se faisant même, à travers l’ironie acerbe de son texte, le chantre d’un sabotage productif, presque un situationniste avant la lettre.



LISA WURMSER

Créée en octobre 2009 à la Comédie de Picardie, Dormez, je le veux est la nouvelle production du Théâtre de La Véranda et de Lisa Wurmser, sa directrice artistique. Metteur en scène formée auprès de Tania Balachova et Ariane Mnouchkine, Lisa Wurmser a d’abord écrit les textes qu’elle portait à la scène avant de se tourner avec le même succès vers des auteurs tels Bertolt Brecht La Bonne âme du Setchouan, Mikhaïl Boulgakov Le Maître et Marguerite, Anton Tchekhov La Mouette, Les Groseilliers, aujourd’hui Feydeau, ou encore, parmi les contemporains, Jean-Claude Grumberg Marie des Grenouilles, Pinok et Barbie. Comédienne, elle a joué depuis 1984 sous la direction de nombreux metteurs en scène et, récemment, sous celle de Philippe Adrien, Elisabeth Chailloux et Adel Hakim. Pour Dormez, je le veux, elle s’est entourée de comédiens eux-mêmes formés à Paris ou dans les lieux emblématiques de la décentralisation théâtrale, parmi eux Gilles Amiot que les spectateurs du Salon de Théâtre ont pu applaudir dans ses propres spectacles les saisons dernières.



EXTRAIT

Justin : Voilà comment je comprends la domesticité ! Je fais turbiner le patron.
Eloi : Oui, c’est comme qui dirait un maître à ton service… Mais comment est-ce-que tu t’y prends pour ça ?
Justin : Ah ! Voilà, j’ai l’œil ! … Le tout c’est ça, avoir l’oeil ! Je regarde le patron en acuitant mes prunelles… Comme ça... j’acuite et ça y est !
Eloi : T’acuites ?... C’est difficile ça d’acuiter ?
Justin : Non c’est une affaire de volonté… Ça m’est venu un jour en regardant une belle fille… Je me dis : Pristi, cette jeunesse… J’en ferais bien mes choux gras ! Alors, je me mets à lui faire de l’œil… Histoire d’y comprendre à la chose. J’ai pas plutôt commencé que la v’la qui se met à écarquiller les prunelles et v’lan droit sur moi, son nez dans mon nez, les yeux dans mes yeux.