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BULL


De Mike Bartlett
Mise en scène de Carine Bouquillon, Bruno Buffoli et Bruno Tuchszer

Spectacle proposé à l’abonnement

Du 24 janvier 2019 au 9 février 2019

Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

• mardi et vendredi à 20h30
• mercredi et jeudi à 19h30
• samedi à 17h00
• relâche les lundis et les dimanches

Réserver / s'abonner

 

Coproduction : Grand Boucan (Lille), Anyone else but you (Lille)
Coproduction : Les Scènes Associées (Liévin), La Barcarolle - EPCC de l’Audomarois, L’Escapade (Hénin-Beaumont).
Avec le soutien de : DRAC Hauts-de-France, Région Hauts-de-France, Département du Pas-de-Calais, Ville de Lille
En résidence de création à : La Virgule (Mouscron-Tourcoing), maison Folie - Moulins (Lille), maison Folie - Wazemmes (Lille)
Remerciements : Le Zeppelin (Saint-André-lez-Lille)
Avec : Carine Bouquillon, Bruno Buffoli, Alexandre Goldinchtein, Bruno Tuchszer
Lumières : Hela Skandrani
Création Sonore : Gil Gauvin
Traduction française : Kelly Rivière
Texte traduit à l’occasion du Festival Prise Directe avec le soutien de la Maison Antoine Vitez.
Les pièces de Mike BARTLETT sont représentées dans les pays de langue française par l’agence DRAMA - Suzanne SARQUIER (24, rue Feydeau 75002 PARIS dramaparis@dramaparis.com) en accord avec Nick Quinn de The Agency (London) Limited à Londres. BULL est publiée en langue anglaise par Nick Hern Books.
La création de BULL a eu lieu au Crucible Studio Theatre à Sheffeld, UK le 6 février 2013. Reprise au 59E59 Theatres, New York dans le cadre des Brits Off Broadway Season le 25 avril 2013.

Durée du spectacle : 1h15 sans entracte environ
Chaque jeudi, rencontre avec l’équipe artistique à la fin de la représentation


Les équipes lilloises de Grand Boucan (Bruno Tuchszer et Carine Bouquillon) et Anyone else but you (Bruno Buffoli) s’associent pour présenter une comédie de Mike Bartlett, auteur parmi les plus joués et les plus reconnus outre-Manche et outre-Atlantique. BULL, pièce contemporaine sur le monde impitoyable de l’entreprise, est avant tout une comédie mordante, écrite dans le respect des grandes règles classiques : l’unité de lieu, de temps et d’action. Réunis dans une même salle d’attente, trois cadres commerciaux d’une même équipe, mais placés en situation de rivaux, attendent et gèrent leur angoisse en s’en prenant les uns aux autres…

Isobel, Thomas, Tony forment une équipe de trois cadres commerciaux, travaillant dans l’une des nombreuses sociétés dirigées par Carter. On ne sait pas ce qu’ils vendent, cela n’a aucune importance. Cela pourrait être du cacao, des produits financiers, des sociétés offshores, ou des profilés alu, tout ce qui compte c’est de faire de l’argent, de maximiser les profits. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’aujourd’hui Carter les a réunis à une heure précise pour faire un point, et que tous sont là. Prêts, affublés de leur plus beau costume, nerveux, ils attendent.
Dans cet endroit clos et impersonnel, ils s’observent et se jaugent. La meilleure défense étant l’attaque, chacun avance ses pions avec prudence, voit comment l’adversaire réagit, se positionne, puis cherche un allié. Livrer quoi que ce soit de personnel pourrait se retourner contre soi. Alors on ment, sur soi, son enfance, sa famille, ses relations avec les collègues, jusqu’à ce que quelqu’un trébuche : ce sera lui la tête de turc. Sans méchanceté, juste un peu de cynisme pour égayer la dure réalité des lois de la meute. Quelqu’un doit mourir.

BULL est une mise à mort. Et d’ailleurs, qui est le taureau du titre ? Est-ce Thomas, victime désignée pour l’abattage dans cette arène entrepreneuriale, cible de toutes les humiliations et qu’il convient de toucher en plein dans le mille, in the bull’s eye ? Est-ce Tony, le mâle alpha, l’armoire à glace, le malabar (the bull également), qui a sucé au berceau le lait de l’aisance et de la domination ? Est-ce Isobel, froide et manipulatrice, prête à tous les mensonges (bullshit) pour assouvir sa soif d’ascension ? Est-ce Carter, chantre d’un impitoyable darwinisme social qui sacrifie les moins forts sur l’autel de la croissance et des marchés en hausse (bull market) ?

Compagnons de jeu à de nombreuses reprises, mais s’associant pour la première fois sur un projet commun, Carine Bouquillon, Bruno Tuchszer et Bruno Buffoli invitent les spectateurs à la rencontre de l’une des pièces de Mike Bartlett, dramaturge britannique parmi les plus connus et les plus brillants de sa génération, mais surtout grand auteur comique. Les trois metteurs en scène et comédiens, accompagnés sur scène d’un quatrième, donneront cette joute oratoire dans une grande précision physique, comme l’art de la vente et du commerce - et celui de la comédie - l’exige. C’est bien le rire que recherche la mise en scène. Pas un rire de fuite ou d’oubli agréable et momentané du réel. Le rire comme émotion, la plus noble de toutes peut-être et l’une des plus nécessaires à partager. Le rire comme défouloir cathartique d’une part mais aussi comme processus d’intégration dans une communauté. Les spectateurs de BULL voyagent donc dans les strates du rire. Tantôt complices volontaires des personnages dans leur minutieuse entreprise d’humiliation, tantôt partageant le regard de l’auteur, qui dépeint avec férocité un monde du travail devenu impitoyable, un monde où le choix se résume à la réussite ou à la disparition.



Extrait de la pièce


TONY. - Pourquoi il a pas mis son plus beau costume ?
ISOBEL. - C’est ce que je disais.
THOMAS. - C’est celui-là mon plus beau costume.
TONY. - Ah d’accord. Vraiment ?
ISOBEL. - Tu vois, faut que tu l’acceptes, je me fous pas de ta gueule, ton costume va te desservir. Même Tony il est d’accord, alors -
THOMAS. - Très bien, la prochaine fois, je ferai zéro effort.
ISOBEL. - À mon avis, il n’y aura pas de prochaine fois. Pas pour toi. Hé, attends, pour moi, ton costume, c’est une bonne nouvelle. C’est exactement le costume que je voulais que tu portes.