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07.LE PAIN DUR


De Paul Claudel
Mise en scène Agathe Alexis et Alain Barsacq

Avec : Agathe Alexis, Carine Baillod, Hervé van der Meulen, Robert Bouvier, Georges Goubert et Grégory Fernandes

Les jeudi 22 et vendredi 23 mars 2012
Théâtre Municipal Raymond Devos, Tourcoing [F]

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Production : Compagnie Agathe Alexis(Paris)
En association avec : le Théâtre de l’Atalante
La Compagnie Agathe Alexis est subventionnée par : le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Ile de France) et a été subventionné par la Ville de Paris pour la Création du Pain dur.
Scénographie : Christian Boulicaut
Costumes : Dominique Louis
Lumières : Stéphanie Deschamps
Chorégraphie : Claire Richard
Réalisation sonore : Jaime Azulay
Assistanat à la mise en scène : Grégory Fernandes
Durée du spectacle : 2h15 sans entracte


Agathe Alexis et Alain Barsacq, anciens co-directeurs de La Comédie de Béthune, reviennent dans la Région présenter à La Virgule l’un des chefs-d’œuvre du théâtre de Paul Claudel. A travers le portrait d’une puissante famille qui se déchire pour des intérêts concurrents, Claudel pointe ce moment-clé où, sous la Restauration, une poignée de spéculateurs cyniques confisque le pouvoir et détourne à son profit les principes libérateurs de la Révolution Française. Le Pain dur cristallise les thèmes qui marquent pour son auteur le schisme entre le monde ancien et le nouveau : l’abandon mu par le profit de tout attachement à une terre, à une population et à une culture. Un prototype presque du capitalisme financier mondialisé et acculturé.

Turelure de Coûfontaine, ancien grognard de Bonaparte, s’est converti sans encombre à la Restauration, allant jusqu’à faire sien le slogan de Louis-Philippe :
« Enrichissez-vous ! ». Après des décennies de troubles politiques, le règne du roi-bourgeois marque une nouvelle ère de développement économique. L’essor de l’industrie et du chemin de fer, les jeunes colonies et l’avènement du capitalisme monopolistique, offrent des horizons infinis aux ambitieux qui sauront faire usage de leur fortune et de leur influence. Tandis que le patriarche fait fortune grâce à des délits d’initiés et s’apprête, sur les conseils de sa maîtresse, à transformer son domaine en une papeterie moderne, son fils Louis s’est lui lancé dans les affaires en Algérie. En conflit avec son père, et ne disposant que de peu de liquidités, Louis a dû emprunter de l’argent aux révolutionnaires polonais qui le somment désormais de le leur rembourser. Lumir, la fiancée de Louis, également liée aux débiteurs de ce dernier, vient demander à Turelure de lui prêter cette somme. Mais l’homme n’entend pas s’exécuter sans contrepartie, ni sans profiter de l’occasion pour humilier son fils.

Dans cette œuvre centrale de la Trilogie des Coûfontaine (L’Otage , 1911 ; Le Pain dur , 1918 ; Le Père humilié , 1920), Paul Claudel pose le constat d’une France qui, cédant à la frénésie du profit, renie du même élan ses valeurs spirituelles séculaires et les principes humanistes et démocratiques d’une Révolution pourtant encore jeune ; le premier état, peut-être, d’un monde largement acculturé par l’avènement d’un capitalisme cynique et mondialisé. La scénographie sobre choisie par Agathe Alexis et Alain-Alexis Barsacq qui cosignent la mise en scène, évoque la déchéance du monde ancien au profit d’une modernité sans âme, ainsi cet immense crucifix de bronze bazardé au prix du métal pour fondre les icônes du monde nouveau. L’élégance du jeu des acteurs magnifie la beauté intemporelle de la langue de Claudel sans altérer l’intensité des passions qui, telle la cristallisation des bouleversements extérieurs, opposent les membres de cette famille plongée dans un huis-clos meurtrier.


Agathe Alexis

Actrice et metteur en scène, Agathe Alexis a été formée au conservatoire d’art dramatique de Toulouse. Elle travaille ensuite comme actrice entre autres sous la direction d’Armand Gatti, de Jacques Lassalle, de Jacques Rosner, de Christian Schiaretti, de Bernard Sobel, de Jean-Pierre Vincent. Ses mises en scène se portent notamment sur des textes de Labiche, de Zola, de Marivaux, de Sartre, ou bien encore Avant la retraite de Thomas Bernhard présenté il y a quelques saisons à La Virgule.

Alain Alexis Barsacq
Après des études d’architecte, Alain Alexis Barsacq signe des scénographies et se lance dans la mise en scène. En 1977, il fonde la Compagnie des Matinaux et ouvre à Paris l’Atalante qu’il dirige toujours aujourd’hui. Ses mises en scène portent sur des pièces d’Anna Seghers, d’Eugène Labiche, d’Harald Mueller, de Rémi De Vos et de Friedrich Dürrenmatt.

Entre 1984 à 1991 ils sont tous deux parmi les quatre metteurs en scène du collectif de direction de l’Atalante, puis de 1992 à 2004 ils co-dirigent la Comédie de Béthune, Centre Dramatique National du Nord - Pas-de-Calais.


La presse en parle :

La langue est virtuose et la mise en scène à l’avenant, avec changements de décor stylisés, quasi chorégraphiés. Turelure (Hervé Van der Meulen) et Sichel (Agathe Alexis) forment un duo de choix.
Nedjma Van Egmond Le Point

Une mise en scène d’une grande rigueur, qui, avec intelligence et pertinence, dégage sans chercher à l’actualiser, une vision du monde contemporain. Irène Sadowska Guillon Théâtre du blog

La langue de Claudel nous saisit violemment avec ce volet central de la célèbre trilogie des Coûfontaine. Alain-Alexis Barsacq signe une mise en scène très ferme avec Agathe Alexis, qui joue Sichel. Les personnages puissants de Claudel nous frappent : (…) Turelure a l’autorité grinçante d’Hervé Van der Meulen, Robert Bouvier est un Louis ambivalent et déchiré, Georges Goubert un Ali très digne et Gregory Fernandez est l’indispensable notaire que Claudel nomme « Mortdefroid » ! Armelle Héliot Figaroscope