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LE RÉFORMATEUR


Texte de Thomas Bernhard

Mise en scène de Jean-Marc Chotteau et Michal Ratynski

Du mardi 17 au samedi 21 février 2009
au Théâtre Municipal Raymond Devos, Tourcoing (F)

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Production : La Virgule
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Le Réformateur de Thomas Bernhard, (Der Welt Verbesserer, traduction Michel Nebenzahl) Ed. L’Arche, Paris
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Avec : Frédéric Barbe, Jean-Marc Chotteau, Didier Coquet, Éric Leblanc, Claire Mirande et Dominique Thomas
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Figurants : Vianney Ferret et Nicolas Deschildre
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Assistanat à la mise en scène : Carole Le Sone
Collaborateurs artistiques : Michal Ratynski, Séverine Ruset
Décor : Jacques Voizot
Costumes : Chantal Hocdé
Maquillage : Gwendaline Ryu
Lumière : Sébastien Meerpoel
Vidéo : Pascal Goethals
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Durée du spectacle : 2h10 sans entracte


Phototèque


Endossant le rôle-tire, Jean-Marc Chotteau met en scène en collaboration avec son ami polonais Michal Ratynski, une des pièces les plus extrêmes de Thomas Bernhard, auteur essentiel de la dramaturgie contemporaine. Tyran domestique, cloué par la maladie dans un fauteuil, le Réformateur, auteur d’un intraitable Traité de la Réforme du monde, attend et prépare la réception de sommités politiques et universitaires qui doivent venir lui remettre le titre de docteur honoris causa. Il veut le monde à ses pieds, à commencer par sa femme qu’il traite en esclave. Un enfer conjugal d’une noirceur telle qu’elle nous invite, dans un humour d’une rare cruauté, au sursaut ou au rire. Un personnage, à la mesure d’un Lear ou d’un Misanthrope que tout acteur rêve d’incarner.



LE RÉFORMATEUR

"Quand Michal Ratynski, metteur en scène polonais avec qui j’organisais à Katowice des ateliers d’écriture, me proposa, m’ayant vu dans L’Éloge de la folie, de lire Le Réformateur de Thomas Bernhard et d’envisager de l’incarner, je ne pus m’empêcher d’exprimer quelques doutes. Quel lien pouvait-il y avoir entre l’univers énergique et humaniste d’Érasme et l’œuvre de cet auteur autrichien asocial, pourfendeur de l’humanité ?

Comme les autres pièces de Thomas Bernhard, et à l’encontre de La Folie, Le Réformateur en effet ne suscite pas plus de compassion qu’il ne vient chercher nos rires, même si l’extrémisme sans concession et parfois obsessionnel de sa vision de la société est susceptible d’en déclencher quelques-uns, jaunes sans doute.
Mais, comme La Folie, ce personnage démesuré (bien que paralysé dans un fauteuil, et replié du monde dans ce que j’imagine être une espèce de tour d’ivoire) ne peut laisser un acteur indifférent ; quant au spectateur entraîné dans la logorrhée totalitaire et hypocondriaque d’un tyran misogyne et misanthrope, on peut aisément l’imaginer mettant ce monstre au rang des grandes figures théâtrales de l’excès, et ne pas bouder son plaisir d’être confronté à l’énormité de l’inaudible, ou à la surprise de l’inouï.
« Qu’est ce qu’il convient de dire ? À quoi sert de dire ? D’écrire ? » N’ai-je pas récemment, dans
Comma, développé cette interrogation typiquement bernhardienne qui taraude, sans le faire taire, le Réformateur ?
En relisant la pièce comme une réflexion sur le silence, (celui de sa femme par exemple, servante soumise et étrangement consentante), il ne fait aucun doute qu’il convenait d’accepter la proposition de Michal Ratynski, en lui demandant de bien vouloir accepter de cosigner la mise en scène. Je bénéficierai ainsi de l’acuité de son regard de directeur d’acteurs pour le rôle énorme qu’il me suggère d’endosser et celui, non moins difficile, mais tout aussi séduisant, de l’épouse tyrannisée qui sera confié à Claire Mirande. À ce jour où se préparent les premières répétitions, je remercie mon homologue polonais de m’avoir fait entrer passionnément dans cette pièce d’un humour noir implacable, signée d’un des plus troublants, des plus vrais et des moins donneurs de leçons des écrivains du vingtième siècle
."

J-M. Chotteau



Extrait

"Le monde est un cloaque d’où vient ce qui nous empeste Ce cloaque doit être vidangé C’est bien aussi le contenu de mon traité Mais si nous vidangeons complètement le cloaque c’est le vide Alors il ne nous reste plus qu’à nous précipiter dedans la tête la première."