|
Saison 11/12 d'après Boris Vian Centre Marius Staquet, Mouscron (B) |
![]() |
Dans un Paris bien étrange aux allures de capitale de la Louisiane, la vie semble particulièrement exaltante pour les jeunes gens qui peuvent s’y adonner. Les accords des jazzmen font vibrer les caves, les couples d’amants dansent le biglemoi, et, sur les boulevards, une philosophie nouvelle incarnée par le charismatique Jean-Sol Partre n’en finit plus de nourrir les discussions aux tables des cafés. Colin est l’un de ces jeunes hommes qui s’abandonnent à l’air du temps comme aux effluves d’un enivrant nectar. Puisqu’il n’a pas à travailler, il a tout loisir de se consacrer à sa trépidante vie de célibataire et à son amour pour la gastronomie. Mais, le jour où l’un de ses camarades lui présente sa fiancée, Colin constate qu’il lui manque l’amour d’une jeune fille pour parfaire son bonheur. Chloé sera celle qui enflammera son cœur. Hélas, peu après leur mariage, une étrange maladie vient frapper la jeune fille : un nénuphar pousse inexorablement dans son poumon. Pour lutter contre ce mal étrange et tenter de protéger son bonheur, Colin se voit contraint à certains sacrifices qui, peu à peu, vont radicalement bouleverser sa vie.
Publié en 1949 dans l’indifférence générale, L’Écume des jours a, depuis, conquis des générations de lecteurs touchés par ce portrait tragique d’une confrontation entre l’imaginaire et la réalité. Dans une démarche quasi-surréaliste, tel un jeu de cadavres exquis sur le mode d’une improvisation jazz, Boris Vian crée par association libre d’éléments du monde réel l’univers de pure fantaisie qui accueille la poignante histoire d’amour de Colin et Chloé. Un monde tel l’écrin d’un idéal amoureux certes, mais surtout un monde idéal où tout mouvement créatif de la pensée peut se réaliser. Boris Vian a écrit ce roman alors que ses ambitions artistiques étaient bridées par la nécessité de passer ses journées à exercer un travail qui l’ennuyait. Le monde fantastique dans lequel Colin est si heureux doit sans doute alors être lu comme un exutoire face à cette « triste réalité ». Le saccage progressif de cet univers idyllique par les contingences matérielles exprime d’ailleurs autant la victoire d’un principe de réalité qu’il est l’expression de la figure hautement romantique d’un Eden perdu.
Après avoir signé une mise en scène du Peter Pan de Loisel, Emmanuel Dekoninck a choisi d’adapter L’Écume des jours convaincu que les univers imaginaires et l’expression d’un monde intérieur sont les miroirs les plus fidèles et les plus complexes de la réalité. Sa mise en scène ambitionne de retranscrire fidèlement l’univers du roman de Vian, un « roman théâtral, oral et visuel » selon lui, par l’entremise d’un théâtre d’action. Les dialogues y seront directs et riches des inventions langagières de l’auteur, le burlesque et le comique nourriront sa poésie et sa féerie loufoque, tandis que les descriptions du livre constitueront la trame de moments chorégraphiés. La créativité contemporaine bruxelloise sera ainsi confrontée à ce monument littéraire des heures épiques du Saint Germain de l’après-guerre.
Coproduction : Les Gens De Bonne Cie, Atelier 210, Comédie Claude Volter
Avec le soutien de l’Eden/PBA - Centre culturel régional de Charleroi, la Maison de la Culture Famenne-Ardenne, le centre culturel de Comines-Warneton, le centre culturel de Verviers, la Maison culturelle d’Ath et de La Virgule.
Avec l’aide du Ministère de la Communauté française - Service du Théâtre
Avec la participation du Centre des Arts scéniques et de la Cocof
Avec : Julien Vargas, Michelangelo Marchese, Aurélien Ringuelheim, Gilles Masson, Violette Pallaro, AntojO, Marie du Bled, Nancy Philippot, Fanny Dumont
Scénographie et Costumes: Ronald Beurms
Chorégraphie : Bérengère Bodin
Lumières : Thomas Vanneste
Durée du spectacle : environ 1h30 sans entracte
Le jeudi 08 décembre 2011 rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation
Ouverture de la location aux non-abonnés dès le lundi 14 novembre 2011