|
Saison 11/12 adaptation, décor et mise en scène : Jean-Marc Chotteau Salon de Théâtre, Tourcoing (F) |
![]() |
Pour bâtir son HLM, « Habiter La Mémoire », l’événement théâtral de la saison dernière, qui fut, avec 23 comédiens, un spectacle déambulatoire hors norme au sein même d’un immeuble collectif avant sa destruction, Jean-Marc Chotteau s’était vu confier des témoignages passionnants. Mais, trop nombreux pour rentrer dans ce seul spectacle, et trop riches d’humanité, d’émotion et d’humour pour être laissés de côté, il a imaginé de puiser dans d’autres de ces récits de vie pour présenter comme en avant-première Appartements Témoins, un autre spectacle, plus léger, où un seul comédien, Eric Leblanc, tiendrait la gageure d’interpréter une quinzaine des locataires d’un « linéaire ». Les dix représentations données au printemps 2011 connurent un tel succès qu’il fut décidé de le reprendre au cours de la saison qui venait avant de le proposer en tournée.
Aussi incroyables qu’ils apparaissent, aucun des mots d’Appartements Témoins n’a été inventé. Et le travail de mise en scène et de direction d’acteur a été de restituer « textuellement » une langue parlée avec tout ce qu’elle contenait d’émotions, de colères, de désarroi, et finalement d’humanité, dans les non-dits, les hésitations, les lapsus, les oublis, ou les digressions. Les sous-textes disant souvent plus encore que les mots, Jean-Marc Chotteau les a fait parler. Ce respect de la chose dite n’a pas exclu auparavant un nécessaire travail d’adaptation, mené conjointement avec Blandine Aubin, dont la première tâche fut de choisir parmi les centaines de pages de paroles fidèlement recueillies par David Lacomblez, Lucie Hardouineau et Juliette Dulon. Ensuite il fallut créer le juste sens par la juxtaposition de paroles étrangères les unes aux autres, leurs coupes, les mises en perspectives des témoignages, les contradictions d’un même récit… Et ce qui apparaît finalement de la signification profonde de ces tranches de vie est l’étrange paradoxe, dans ces immeubles que l’on dit « collectifs » ou «grands ensemble », d’y entendre l’expression de grandes solitudes.
Eric Leblanc, au-delà de sa performance, exprime dans son jeu lui-même la question que se pose tout comédien quand il doit incarner des gens dont l’existence est contemporaine. Jusqu’où peut-on aller dans la composition, étant bien entendu qu’on sera moins que jamais le personnage ? Et que les témoins vivants qui l’ont inspiré sont peut-être dans la salle ? Peut-on faire admettre que la fidélité à une parole, écrite ou parlée, que le respect à un témoignage vivant, passent au théâtre par une transposition nécessaire ? Sans nul doute les remerciements et la reconnaissance exprimée avec passion dès les premières représentions par les spectateurs-auteurs ont apporté la réponse espérée.
Production : La Virgule, Centre Transfrontalier de Création Théâtrale (Mouscron-Tourcoing)
Avec : Éric Leblanc
Témoignages recueillis par David Lacomblez, Lucie Hardouineau et Juliette Dulon
Co-adaptation : Blandine Aubin
Création lumières et son, régie générale : Sébastien Meerpoel
Régie plateau : David Lacomblez
Construction du décor : David Lecocq
Décor consrtuit dans les Ateliers Municipaux de Mouscron
Durée du spectacle : environ 1h20 sans entracte
Les jeudis 19 et 26 janvier 2012 rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation
Ouverture de la location aux non-abonnés dès le lundi 5 décembre 2011
Télécharger le dossier du spectacle (format pdf.)