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Saison 2008-2009 : Texte : Alain Didier-Weill Centre Marius Staquet (B) |
![]() photo : Nathalie Goux |
A Vienne, l’âge d’or de l’empire austro-hongrois tire sa révérence dans une débauche de fastes et de raffinements tandis que pointe le vingtième siècle et sa modernité farouche. Pendant que l’intelligentsia découvre timidement les théories audacieuses de Sigmund Freud, une faune artistique bien plus bohème s’agite dans les ruelles miteuses de la ville. Les volutes capiteuses des toiles de Gustav Klimt et les crayonnés tourmentés d’Egon Schiele ont traversé l’histoire de l’art, mais un autre aspirant peintre de la ville marquera bien plus tristement l’Histoire.
A la charnière de ces deux époques, Adolf vient de fêter ses vingt et un ans. Etudiant à l’école des Beaux-Arts, il vit misérablement dans un asile avec pour seul compagnon un chien errant. Il rencontre Hugo, jeune, beau et brillant aristocrate. Hugo a tout pour réussir, mais le jeune homme est rongé par ses obsessions haineuses envers les juifs, un antisémitisme largement répandu chez les intellectuels autrichiens de l’époque. Par bravade envers Freud, son confrère et ancien maître, le Dr. Carl Gustav Jung envoie Hugo exposer son cas au père de la psychanalyse. Adolf et Hugo se confrontent l’un et l’autre au tumulte social, culturel et intellectuel de la ville et se forgent quelques idéaux définitifs.
Jean-Luc Paliès signe une mise en scène étonnante, sobre mais néanmoins pleine d’inventivité et d’élégance, du texte lucide et subtil d’Alain-Didier Weill, auteur et psychanalyste de renom. Dans Vienne 1913, le personnage principal est une ville. On ne peut ainsi réduire son propos à nos connaissances et nos convictions sur l’un ou l’autre de ses célèbres habitants. Portés par une distribution mêlant acteurs, chanteuses lyriques et même un musicien sur verres de cristal, les destins d’hommes s’entrecroisent tandis que, de manière presque anodine, se noue l’une des pires tragédies de l’Histoire. Comme Vienne qui résonne de mille voix et de mille idées, les personnages de cette pièce forment un chœur symbolique et appellent notre vigilance sur les germes de la barbarie qui naissent au sein même des cultures les plus vivantes et les plus sophistiquées.
Production : Influenscènes
Avec : Philippe Beheydt, Alain Guillo, Jean-Luc Paliès, Jean-Pierre Hutin ou Pascal Parsat, Bagheera Poulin, Katia Dimitrova, Miguel-Ange Sarmiento et Isabelle Starkier.
Mezzo / Soprano (en alternance) : Magali Paliès / Stéphanie Boré / Estelle Boin
Musique sur verre : Jean-Claude Chapuis / Sylvie Sissakian
Durée du spectacle : 1h40 sans entracte
Le jeudi 27 novembre 2008 rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation
Ouverture de la location aux non-abonnés dès le lundi 03 novembre 2008