Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
 
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Saison 06/07 : Effets de nuit - Note de mise en scène de l'auteur
 
 
Rendre le plateau et les personnages aussi opaques que possible. Arracher le couple à l’anecdote en le sortant de l’ornière d’une description sociale trop caractérisée. Aller vers la plus grande abstraction. Ne pas éloigner mais ne pas rapprocher les personnages des spectateurs. Les laisser dans une certaine indéfinition, de façon que le public puisse concentrer toute son attention sur les rapports entretenus par les personnages, non sur les personnages eux-mêmes.

Lorraine et Laurent doivent nous ressembler, c’est-à-dire se montrer capables de n’importe quoi à n’importe quel moment, ou du contraire au moment suivant. Éviter de leur prêter des caractères psychologiques ou des états émotionnels qui les feraient « comprendre », c’est-à-dire condamner ou justifier par le public. Leur préserver un mystère, celui de la vie même. Rien ne doit paraître plus étrange, plus mystérieux, que de pénétrer dans l’intimité d’un couple en train de se disputer à propos d’une montre que l’un ou l’autre n’a pas regardée en temps voulu. La vie est faite de ces milliers de rites inconscients.

Les conversations de Lorraine et de Laurent doivent avoir commencé depuis longtemps, peut-être depuis toujours. Leur objet doit sembler dérisoire, un prétexte pour faire surgir des problèmes plus graves, des problèmes à proprement parler « indicibles ». Malgré cela, ne jamais donner l’impression qu’on est en face d’un couple qui ne va pas. C’est au contraire un couple qui « va », comme « vont » tous les couples. Il est donc important de jouer en creux les moments où cela « va ».

Les cinq séquences discontinues de la pièce doivent engendrer par leur succession une impression d’abstraction confortée par l’idée qu’il est toujours la même heure à tout moment, c’est-à-dire minuit sept. Au metteur en scène d’inventer la continuité que l’auteur a escamotée. Cheminer par flashes successifs, même au risque de troubler le spectateur. Tout au plus lui suggérer que ce cheminement relève de l’imaginaire.

Philippe Madral

 
> Dossier de présentation à télécharger (500Ko)
> Note de mise en scène (Philippe Madral)
> Note sur l'éclairage et la scénographie (Rémi Nicolas)
> Note sur la musique (Philippe Chatel)
> L'auteur