La
musique que j’ai proposée à Philippe
Madral est constituée de « boucles »
(ou « loops » en anglais) et de «
samples », fréquemment utilisés
par les musiciens d'aujourd'hui qui font de l'"Electro",
de l'"Acid jazz", ou du "Jungle".
On puise en fait dans une "banque de données
» des sons et des petits morceaux de musiques
(« jingles ») qu'on réunit et qu'on
mélange à sa guise. Le résultat
n’est pas de la musique « développée
» comme une chanson avec couplet, refrain et
pont, ni comme une symphonie cons-tituée de
plusieurs parties distinctes.
La musique répétitive ne date pas
d’aujourd’hui.
Autrefois, on appelait cela des « mélopées
», où le même thème, court,
était repris indéfiniment, comme on
égrène les billes d’un chapelet.
Aujourd’hui, des compositeurs comme Philip
Glass ont beaucoup tra-vaillé dans cette
voie. On peut se référer également
au rap, textes scandés, là aussi,
sur des boucles répétitives.
Cette systématique donne une impression particulière,
prenante, obsé-dante, voire envoûtante,
pour peu qu’on s’y laisse aller.
J’ai pensé que cette musique répétitive
correspondait bien à une pièce où
le temps s'arrête ou se reprend indéfiniment,
selon le voeu de l'au-teur, à "minuit
sept".
Enfin, le décalage entre cette musique et
le va et vient continuel des personnages entre petites
paix et petites guerres, apporte, je l’espère,
la note ironique souhaitée par le metteur
en scène.
Philippe Chatel