Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
 
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Les "Tickets de La Virgule" - saison 06/07 : Décadence
 
de Steven Berkoff
Mise en scène Antoine Lemaire
Compagnie THEC
 
 

Du jeudi 01er au dimanche 04 février 2007 à 20h30 au Salon de Théâtre (dimanche à 16h30)

Collaboration artistique : Audrey Chapon, Franck Renaud
Avec Cédric Duhem et Nathalie Wojcik
Création musicale : Laurent Ide

 
Au Salon de Théâtre : HORS ABONNEMENT, tarif abonnés 10 euros, non abonnés 12 euros - Tarif groupe (à partir de 5 personnes) : 6 euros la place.
Le "Pass'Tickets" vous permet de voir les 4 spectacles au Salon de Théâtre pour 24 euros seulement (au lieu de 48 euros en tarif plein)
 
Note d'intention du metteur en scène : Antoine Lemaire
Le théâtre de Steven Berkoff s’inspire du théâtre oriental, des écrits d’Antonin Artaud, du travail de mime de Jacques Lecoq ou de Jean Louis Barrault, ainsi que du théâtre expérimental américain, en particulier du Living Théâtre. L’écriture de Berkoff déborde en effet d’énergie et de bonne santé. Il s’agit pour notre spectacle d’inscrire cette « explosion physique » permanente dans notre mise en scène. Nous avons choisi de placer nos deux comédiens dans une ambiance musicale : un musicien joue en direct. Les mélodies créent un dialogue varié et permanent avec le jeu théâtral, ce qui permet de mettre en valeur le tragique primitif, brut et organique et le souffle musical puissamment orchestré qui anime la pièce de bout en bout.

Ce spectacle fonctionne donc comme un véritable « oratorio moderne », permettant à la forme et au fond de se construire l’une l’autre. Berkoff propose une langue forte, sonore, vibrante au service de propos dévastateurs. Un vent de destruction systématique s’organise à travers une langue bulldozer, réaliste et précise, impitoyable et pleine dans sa nudité. La langue de Berkoff est la résultante d’une pensée volontairement destructrice et intelligemment re-constructive. Ce « terrorisme » de base rappelle que nous sommes devant une dramaturgie de salut public, du tout ou rien. Pas de choix, pas de compromis. C’est dans cette perspective que nous avons envie de « revisiter » Berkoff.

L’acteur s’empare du texte comme le musicien de sa musique, en déployant un jeu marqué par l’explosivité, les déséquilibres permanents, la prise d’assaut de l’espace et une expressivité du corps décuplée, exploitant au maximum le sens exceptionnel de la théâtralité du texte de Berkoff. La musique se déconstruit au fil de la succession des monologues déraisonnables, dévastateurs et aliénés de « Décadence ».

Les acteurs se déplacent dans un espace scénique en constante mutation (mise en place d’un espace orgiaque qui permet le développement des excès des personnages berkoviens… sexualité, nourriture, violence).

Le spectacle se veut à l’image de la dramaturgie de Berkoff, excessif, jubilatoire et décapant, en marge des normes et des codes, sans litotes ni euphémismes.


Note d'intention "musicale"
Il s’agira de chercher le « parler » adéquat de l’acteur… s’éloigner d’une voix réaliste et quotidienne et même d’une voix de théâtre techniquement bien placée … travailler dans des hauteurs de voix élevées, qu’elles soient proches du chant. Parler très haut et très fort. Etre juste avant la voix chantée, c'est-à-dire qu’une ou deux notes de plus et c’est le chant. Travailler en fait sur une transposition de voix parlées.

Il s’agira de trouver des lois, des bases sur lesquelles on puisse travailler… trouver une musicalité du corps et une musicalité de la voix. On mettra en place un important travail préparatoire à base d’exercices divers : exercices pour écouter, pour apprendre à entendre, pour trouver et développer son corps rythmique, pour faire écouter d’autres musiques, pour savoir comment on les écoute, pour centrer, pour jouer avec la musique et non sur la musique pour préparer son corps à être dans des mesures asymétriques, ternaires, binaires – mais sans tomber dans du vocabulaire de technique musicale.

Il s’agira de trouver et de développer des caractéristiques de musique au théâtre, et non pas de la musique de cinéma au théâtre ou de la musique tout court mise dans le théâtre. La musique ne sera pas un fond sonore.

Il s’agira de mettre en place une gestuelle qui intègre la musique mais qui ne soit pas de la danse. Il ne sera pas fait appel à un chorégraphe. Il ne s’agira pas pour l’acteur de bouger sur de la musique, mais de trouver son « corps rythmique ».

Il s’agira pour les musiciens et les comédiens de trouver les charnières, c'est-à-dire les moments de changement d’état, de passion, qui doivent correspondre à ceux des personnages. Ces moments charnières, c’est l’acteur qui devra les trouver. Pour cela, l’acteur devra axer son travail sur la nécessité d’être au présent (le travail en train de se faire…), d’éveiller un nouveau type d’imaginaire lié à l’écoute, de multiplier les alternances pauses – mouvements.

Il s’agira pour la musique de s’appuyer sur ces charnières pour développer tout un système de changement de timbre, de fonctionnement mélodique, de syncope, qui permettra la mise en place d’un jeu en rupture, musical et se déroulant dans une liberté maximum.

Il s’agira pour les musiciens de lire les corps des acteurs.

Il s’agira pour les acteurs d’évoluer sur un tapis imaginaire… ce tapis, c’est la musique.

Trop de mouvement rend aveugle, trop de bruit empêche d’entendre.

 
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