Jugés
indécents en 1851 par la censure, Les Caprices de
Marianne n’ont pas fini de transporter les cœurs
et d’agiter les esprits prêts pour la révolte…
Si Musset fut à l’époque obligé
de gommer l’audace de certaines métaphores,
de ramollir la vigueur de la belle Marianne, et d’augmenter
le sérieux du fade Coelio, c’est la première
version, plus vive et passionnée, qui sert de base
aux représentations depuis la fin du XIXème
siècle : Daniel Scahaise et sa fidèle troupe
de comédiens s’emparent avec enthousiasme du
chef-d'œuvre de « l’enfant terrible du
Romantisme », pour en restituer les plus intimes…
silences.
Musset, avec la fausse désinvolture de la comédie,
a si bien exploré l’âme humaine et les
rapports entre les deux sexes, que ses écrits ont
pris un caractère intemporel, et ses Caprices semblent
évoluer dans une atmosphère hors du temps.
Coelio, jeune homme mélancolique, aime la pieuse
et fidèle Marianne, épouse du vieux juge Claudio.
Pour la séduire, il sollicite son ami Octave, personnage
bohème et libertin, ce qu’il fait avec tant
de verve que la belle s’éprend du messager…
Par la seule vertu de sa parole, il révèle
à Marianne la vérité profonde de sa
nature qu'ont oblitérées la pudeur, les bienséances,
le romanesque, l'éducation et, d'une manière
générale, toutes les forces de contrainte
qui brisent le libre jeu de l'instinct et toutes les formes
du mensonge social. Et c’est ainsi que, sur fond de
carnaval et d’aspiration à la plénitude,
à travers les drames amoureux de ses personnages,
la fougue romantique de Musset dessine théâtralement
le paysage tragique des hommes confrontés à
leur condition désespérée...
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