Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
 
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Saison 05/06 : Comme de bien entendu    

> La Noce chez les petits bourgeois

De Brecht

Les 04 au 05 novembre 2005
Théâtre Municipal de Tourcoing

Mise en scène Carlo Boso
Par le Théâtre de l'Eveil

Après Les Jumeaux vénitiens et Mort accidentelle d’un anarchiste, La Virgule accueille une troisième création du Théâtre de l’Eveil. Une façon de faire découvrir en profondeur un style et un engagement théâtraux marqués, dans le sillage d'un Giorgio Strehler, par la Commedia dell'arte, et la touche si particulière de Carlo Boso, au service d'une des pièces les plus caustiques et grinçantes de Brecht.

 
 

A l’âge de vingt ans, au cours d’une soirée passée dans une brasserie munichoise à écouter un petit bourgeois raconter par le menu un repas de noce auquel il a été convié la veille, Brecht trouva la description étrange : des paroles de l'inconnu émergeait un tableau "idéal" de ce repas nuptial. Il se dit: « Ce monsieur a oublié quelque chose dans son récit… mais quoi? Il a raconté un repas de noce comme si tous les repas de noce s'étaient toujours ressemblés… Et si le repas avait été brûlé? Et si? Et si?… » Et Brecht ouvrit son carnet de notes… Ainsi naquit La Noce chez les petits bourgeois en 1926.
Dans cette pièce singulière où finira par résonner, tel un accord final et dérisoire, le fracas indéchiffrable d'un lit matrimonial qui se brise, à peine le rideau est-il levé que le spectateur comprend en effet que les règles du jeu seront bafouées pour mettre en évidence le drame d’une société : les réjouissances attendues de la noce volent en éclats avec la simplicité comique d'une machine infernale parfaitement agencée… Engoncés qu’ils sont dans leur confort, tout s’écroule autour des époux : les meubles comme les règles morales d’une classe sociale en pleine crise... Égarés au milieu d’un très théâtral fiasco, les mariés sont le symbole de l’Allemagne « petite-bourgeoise » des années 20 prête à se jeter dans les bras de celui qui « détenait les solutions » et « parlait si bien au cœur de la foule », un certain Adolf Hitler…
Carlo Boso et ses neufs comédiens, fidèles à leur exigence de se fondre dans le burlesque pour filer la métaphore politique, se couleront parfaitement dans le texte brechtien pour faire ressortir toute l’actualité de cette grave bouffonnerie.

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