Trois frères
et une sœur, orphelins, ont hérité d’une
cabane branlante et d’un étrange objet : le
Dire-Dire, sorte de tirelire dans laquelle ils racontent
leurs histoires et qui, dans la mise en scène de
Nicolas Ory, se transforme en boîte à jouer.
Un jour, leur sœur chanteuse leur revient la voix perdue,
les membres inanimés : c’est autour de cette
sœur que l’histoire se raconte comme une course
aussi vaine qu’affolée pour lui redonner vie…
Une pièce qui a valu à son auteur canadien
Daniel Danis le prix de la meilleure création en
langue française du Syndicat professionnel de la
critique.
L’univers de l’auteur du Chant du Dire-Dire,
Daniel Danis, est tout à fait singulier : entremêlant
les niveaux de lecture, croisant les récits, court-circuitant
les émotions, il semble construire ses personnages
à partir de leur voyage mental. Très libres
dans la forme, ses textes d’un abord facile emmènent
subtilement les spectateurs au-delà des rives du
naturel et du réalisme pour proposer des architectures
baroques où l'ensemble d'un travail d'écrivain
apparaît dans l'audace des correspondances et ellipses
qu'il utilise pour bâtir un ensemble significatif.
Un journaliste du Devoir le décrit ainsi : «
Cet auteur qui semble surgir pour ainsi dire de nulle part,
écrit un théâtre qui parle au cœur
et à l'âme, un théâtre qui nous
met en présence de personnages à la fois naïfs
et plus grands que nature dans une langue haletante et suggestive.
Un monde. »
La pièce commence par un orage, la foudre, la tempête,
comme l’expression d’un chaos, confusion générale
des éléments de la matière avant la
création du monde. Elle se termine par l’apaisement
et la réconciliation. Entre les deux, il y a ces
petites histoires de vie, ces secrets joyeux et ces pleurs
intérieurs, qui se répètent et se jouent,
comme au théâtre. Surtout, ces paroles sont
curieusement recueillies par l’étrange Dire-Dire,
objet métaphorique autour duquel trois frères
se réunissent pour composer leur « Société
d’Amour ». Car le but de ces récits à
trois voix, aussi touchants qu’imagés, est
de combler l’absence d’une sœur qui, elle,
est sans parole.
Avec sa toute jeune compagnie implantée dans le Nord-Pas-de-Calais,
Nicolas Ory mettra en scène Le Chant du Dire-Dire
comme une chanson en trio-solo pour la sœur qui n’est
qu’un murmure, pour calfeutrer l’abandon, pour
combler le vide, quitte à s’emmurer dans un
monde imaginaire en recréant de nouvelles règles
du jeu : un jeu de société, le « Dire-Dire
», une boîte à jouer, une boîte
bizarre, une boîte remplie d’amour et de mots…
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