Des paroles d’enfant
nous parviennent de l’Italie du Sud qui nous décrivent
leur famille, leur école, leur ville, leur pays…
Qui nous disent, à l’aube du XXIème
siècle, comment ils imaginent l’avenir.
Mêlant humour et amertume, tendresse et lucidité
sans concession, la mise en scène de Marjorie Nakache
utilise des formes plurielles comme le théâtre,
la musique, la danse et le cirque, et nous emmène
pour un voyage oublié, celui de l’enfance,
un des biens les plus précieux que nous ayons possédé…
Marcello d’Orta, un instituteur napolitain, a eu la
bonne idée de publier les écrits de ses élèves
d’école primaire, recueillis sous forme de
rédactions pendant plusieurs années, pour
en faire une sorte de recueil de « brèves de
cour de récréation » qui ont la saveur
des verts paradis, et une couleur italienne qui concerne
le monde entier. Quelle force que cette parole directe,
sans recherche littéraire, uniquement préoccupée
de dire la vérité !
Laquelle ? Celle d’Arzano. On épelle : A, R,
Z, A, N, O, tel est le nom de leur village. Un petit village
d’Italie du Sud, situé dans la périphérie
de Naples, avec ses « mondices », ses «
seringues droguées », et ses « maisons
déglingouillées ». Un de ces faubourgs
napolitains parmi tant d’autres où règnent
en maîtres la pauvreté, la faim, la mafia,
la drogue, le chômage et autres fléaux de notre
société moderne. Vus avec cette innocence
du coeur tantôt naïve, tantôt étonnamment
lucide, propre aux enfants.
Echappant dangereusement à la rigoureuse syntaxe
du « bien dire », le titre de l’adaptation
que Marjorie Nakache nous propose de ces récits («
J’espérons que je m’en sortira »),
exprime merveilleusement les pensées d’une
bande de gamins irrésistibles interprétés
par une troupe de sept adultes, à la fois acteurs,
danseurs, chanteurs, magiciens, acrobates, jongleurs, trapézistes
et funambules… Artistes complets, ils donnent vie
aux paroles des enfants d’Arzano, dans une forme à
mi-chemin entre l’univers des saltimbanques et les
arts de rue… la rue, d’où justement les
« enfants - auteurs » proviennent, devient ainsi
le théâtre d’un univers onirique et imaginaire,
contrasté entre une réalité quotidienne
placée sous le signe de la violence et de la pauvreté,
et le monde chatoyant et féerique des rêves
d’enfant.
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