Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
 
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Saison 04/05 : Quand les images font le mur    

> Faust

De F.W. Murnau
Version sonorisée en direct (théâtre et musique) du célèbre film expressionniste allemand (1926)

18, 19 et 20 octobre 2004
Centre Marius Staquet de Mouscron

Par le Cartoun Sardines Théâtre
Sur une idée de Patrick Ponce
Comédien Patrick Ponce
Musiciens Jérôme Favarel, Pierre Marcon
Film muet de Murnau

 
 

Il fallait de l’audace pour rendre la parole au Faust muet de Murnau, chef d’œuvre du cinéma expressionniste allemand. Le Cartoun Sardines Théâtre, très inventive compagnie marseillaise, a réussi le pari de faire flirter sur scène théâtre et musique avec le cinéma en sonorisant, en direct, un film fortement marqué par la culture picturale du cinéaste. Un cinéaste dont l’œuvre tout entière nous révèle que notre monde quotidien est image dans sa nature profonde. Dans ce Faust très « cartounien », à la fois fidèle et iconoclaste, qui déclenche les rires sans trahir l’émotion, on découvre avec jubilation que la voix d’un acteur et la présence des musiciens sont capables de redonner, bien au-delà du simple décor sonore, une nouvelle vie à un film en suscitant, par les mots, un autre regard.

Depuis longtemps les Cartoun Sardines Théâtre, dont les créations très applaudies flirtent depuis 25 ans avec le 7e art, voulaient confronter leur « art dramatique » à un chef d’œuvre du film muet. C’est le Faust de Murnau qu’avec Patrick Ponce ils ont choisi, merveilleux film qui, revisitant le mythe faustien, parvient à rendre réel le fantastique et fantastique la réalité, dans une divergence quasi métaphysique entre le clair et le sombre.
Une musique originale, et la voix d’un comédien, présent sur scène comme les deux musiciens, allait créer une vie sonore au film, intervenant sur le jeu des personnages par le texte, mais aussi, - dans le style extravagant propre à Cartoun Sardines, sous la forme de respirations, interjections, soupirs, râles et autres bruitages.
Sans vouloir trahir le sens donné par le cinéaste, l’acteur et les musiciens s’incluent dans le rythme émotionnel de l’image et apportent ainsi une perception nouvelle à la lecture d’origine, allant jusqu’à nous donner à entendre la voix imaginaire du réalisateur Murnau ! Le spectateur n’en découvre que mieux les intentions les plus subtiles du film, et le génie d’un cinéaste composant chaque image comme un tableau, et dont personne jusqu’à lui n’avait pensé que les mettre bout à bout allait raconter une histoire et faire un film ! Happé par des images extraordinaires, le spectateur du Faust des Cartoun Sardines ne peut tout à fait s’empêcher de regarder du coin de l’œil le trio de comédiens et musiciens, qui vit littéralement l’action, et nous la fait vivre, autrement, en direct, comme au théâtre.

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