« Ce tragique
haut et fort comme un chêne silencieux dans le vent
d’imbécillité qui fonce sur le monde
», écrivait Léo Ferré à
propos de son parolier, Caussimon, qui reste dans les mémoires
l’un des grands artisans de la chanson française.
Justement articulées autour de textes de Léo
Ferré, les chansons de Caussimon trouveront assurément
leur écrin dans l’intimité du Salon
de Théâtre. Une création originale taillée
sur mesure pour Jean-Claude Derudder accompagné de
quatre musiciens, dans une mise en scène de Christian
Debaere.
« Mais qui est donc ce
comédien qui se permet de descendre dans ce caboulot
d’Ostende et d’y croquer quelques frites mouillées
de moules marinières et d’y parler d’amitié
perdue, de solitude ? Un poète ? Pensez-vous ! »
Ainsi Léo Ferré évoquait-il son ami,
Caussimon, comédien, poète, chansonnier, auteur,
compositeur, véritable touche à tout à
la carrière exceptionnelle. Célèbre
par ses chansons, Caussimon ne fut pas étranger à
la scène : dès l'âge de 18 ans, il obtient
un premier prix de comédie au Conservatoire de Bordeaux.
Sa carrière d'homme de théâtre se poursuit
sous la houlette de Charles Dullin qui l'engage, en 1944,
à son retour de captivité en Allemagne, au
Théâtre de la Cité. Puis il suivra Jean
Mercure, Roger Planchon... Il joue également avec
Francis Blanche, écrit des chansons pour le théâtre
de Dürrenmatt et Shakespeare, et tourne une centaine
de dramatiques pour la télévision et films
pour le cinéma (L'auberge rouge, French Cancan…).
Mais c’est avec Léo Ferré que la collaboration
artistique sera la plus extraordinaire : ensemble, ils ont
marqué la mémoire de plusieurs générations
avec des chansons comme : Monsieur William, Le Temps du
tango, Vieux chagrins, Mon Sébasto, Mon Camarade,
Les Indifférentes, Nous deux, Comme à Ostende,
Ne chantez pas la mort.
Si le parcours de Caussimon va de la poésie à
la musique, l’adaptation qu’en propose le metteur
en scène belge Christian Debaere, animateur-directeur
du Centre Culturel Mouscronnois part des chansons pour en
retrouver le caractère théâtral et poétique,
en les mettant en perspective grâce aux mots de Léo
Ferré. Incarné par le formidable comédien
Jean-Claude Derudder, accompagné de quatre musiciens,
les spectateurs entendront donc les chansons de Caussimon
avec le regard complice de Léo Ferré, qui
en souligne le sens politique, et la singularité
littéraire à contre-courant contre les «
radio-télé-manigances »…
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