Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
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2005-2006 : Comme de bien entendu    

> Avant la retraite

De Thomas Bernhard - Mise en scène Agathe Alexis

Du 30 mars et 15 avril 2006
Salon de Théâtre de Tourcoing

Agathe Alexis met en scène une pièce pleine de rage et d’imprécation, mais traversée de bout en bout par un humour décapant . Au-delà de la force de l'œuvre de Thomas Bernhard à l'heure où apparaissent de nouvelles bêtes immondes, La Virgule a été séduite par la qualité exceptionnelle des trois comédiens, extraordinaires dans leur capacité à être justes et bouleversants dans l'interprétation de ce qu'il y a de plus excessif en l'homme.

 


 
 

Prix littéraires, premières théâtrales retentissantes, incidents et scandales (notamment à la création en 1979 d’Avant la retraite), procès parfois : la biographie de Thomas Bernhard paraît se réduire à l’histoire de son œuvre et aux péripéties spectaculaires provoquées par son acharnement à dénoncer l’enracinement du mal nazi au sein de la société autrichienne.
Avec Avant la retraite, sur le mode de l’implication et de la férocité, il réussit un prodige littéraire : exprimer dans un huis clos étouffant la vérité profonde d’êtres prisonniers d’une idée qui a entraîné des millions d’adeptes : le national-socialisme. S’inspirant de « l’affaire Fibinger » qui déclencha une crise politique majeure en Allemagne à la fin des années 70, Thomas Bernhard transpose ce scandale de la découverte du passé nazi d’un juge honorable. Il imagine une soirée où un ancien officier nazi, Rudolf Höller, reconverti en respectable président de tribunal en Autriche, endosse comme chaque année son plus bel uniforme de SS pour fêter l’anniversaire de Himmler, l’organisateur méthodique des camps d’extermination. Cette trouble plongée dans le passé en compagnie de Véra, la sœur complice et aimante, pourrait n'être qu'un rituel sans faille s'il n'y avait la présence violemment réprobatrice d’une seconde sœur, Clara, paraplégique, qui les observe, enfermée dans son silence sacrifié…
Dans une mise en scène d’une précision éclatante, Agathe Alexis nous captive littéralement en fouillant au couteau les recoins les plus nauséabonds de la bonne conscience et de l’hypocrisie d’une société toujours travaillée par ses vieux démons.

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