La
saison comique
On peut croire au sens de l'art, ce qui est mon cas,
sans être un praticien des arts du sens, dont
le théâtre ferait souvent bien de se
débarrasser. Aussi, en vous invitant à
partager notre nouvelle saison (la cinquième,
soulignerait Prévert), ne tomberai-je pas dans
le piège de l'"Esthétocrate"
dont je me plaisais à dénoncer en janvier
dernier la perversion obscurantiste (et dont je vous
proposerai à nouveau le spectacle dès
octobre prochain, en guise d'ouverture) : notre saison,
comme le théâtre, n'a d'autre sens que
le plaisir. |
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Le plaisir d'un
lieu différent, ce "Salon de théâtre",
dont nous avons su transformer le handicap de la petitesse
par le choix d'un répertoire approprié, une
espèce de Théâtre de chambre, comme
on peut le dire de la Musique.
Le plaisir de côtoyer Pirandello, Pinter, Pinget,
authentiques dramaturges, comme Zweig, Pérec, Diderot,
romanciers ou essayistes "adaptés" pour
le Salon (ne faudrait-il pas dire adoptés ?) et mis
ainsi "à portée de tomates"... je
veux dire à portée des rires ou d'une émotion
véritablement partagés.
Le plaisir de la découverte : celle de nouveaux visages
de comédiens, celle de nouveaux talents d'auteurs;
en un mot le plaisir de la création, qui est aussi
la marque du "Salon de Théâtre".
Le plaisir enfin d'une certaine convivialité: dans
une société de plus en plus cloisonnée,
le théâtre conçu comme un nécessaire
lieu de vie où l'on aime s'attarder après
le spectacle, autour du verre qui vous est offert...
Cette "autre façon
d'aimer le théâtre", nous allons tenter
d'en développer encore les attraits dans ce qui sera
LA SAISON DU SALON. Plus de quatre-vingt dix représentations
pour huit spectacles, avec six créations, dont cinq
en coproduction et une de la Compagnie, autant de soirées
privilégiées pour ce théâtre
de la parole proche, confidentielle presque, complice. Et
si Feydeau, Maupassant ou Octave Mirbeau en seront cette
année les gloires consacrées, c'est en fait
huit auteurs ou metteurs en scène ou comédiens
d'aujourd'hui qui signeront nos huit rendez-vous : c'est
dire que cette "Saison du Salon" sera toute entière
consacrée à la création.
Pour un théâtre
vivant, un théâtre du plaisir mais sans complaisance,
autrement dit (oserions-nous l'avouer si Molière
ou Vilar eux-mêmes ne nous avaient donné le
mot?) un théâtre pour vous plaire.
Et si nous passions au Salon? |