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Interview de Jean-Marc Chotteau (10 novembre 2007)
Quel est le sujet de votre nouveau spectacle ?
C'est une soirée un peu spéciale puisqu'elle est composée de deux pièces jouées l'une après l'autre. J'ai souhaité les mettre en scène ensemble car, pour moi, elles répondent avec humour à la même question : "Qu'est-ce que le théâtre pourrait bien encore avoir à dire dans ces temps de "pipolisation" avancée ?"
En première partie, la pièce de Robert Pinget nous entraîne dans le processus d'écriture d'une pièce idéale que deux acteurs dérisoires, confondant le tréfonds de l'âme et la vulgarité du fondement, tentent d'imaginer sur le plateau d'un théâtre.
Ils essayent d’échafauder ensemble une pièce, mais dans l’écriture, ils tombent tout le temps en dessous de la ceinture ! En seconde partie, j’ai imaginé une pièce inspirée des critiques théâtrales comme par exemple dans l’émission "Le Masque et la plume » sur France Inter. Dans mes Situations critiques, la critique théâtrale se donne sans vergogne en spectacle en prenant pour sujet la première pièce, Abel et Bela. C’est un exercice de style qui en dira beaucoup sur le théâtre, mais aussi sur ceux qui le pensent, un peu comme dans une précédente pièce
que j’avais adaptée de Pol Bury : L’Esthétocrate… Enfin c’est avant tout deux pièces drôles et caustiques qui nous renvoient à notre capacité de résistance à la bêtise ou la cuistrerie. J’avais envie de les « offrir » aux spectateurs de La Virgule pour le 25ème anniversaire de la Compagnie !
Actuellement, où en êtes-vous dans la création de ce diptyque ?
Eh bien je viens de commencer les répétitions de Situations critiques, que
je mène de concert avec celles d’Abel et Bela en compagnie du formidable acteur belge Jean-Claude Derruder. Abel et Bela est
une sorte de « jeu de construction », comme Situations critiques sera un «
jeu de déconstruction » ! Nous
sommes en plein dans la thématique
du Nouveau Roman, dont faisait d’ailleurs
partie Pinget : sa pièce est une histoire
dont l’action n’est que le langage,
le sujet d’une pièce à
faire… Comme dans un jeu de miroirs,
le sujet de Situations critiques est une pièce
à défaire ! J’ai aussi
pensé les rôles de Situations
critiques en fonction de la belle équipe
que j’avais réunie : Frédéric
Barbe, Sylvie Baur, Estelle Boukni et Eric
Leblanc… Des comédiens avec qui
j’ai déjà pas mal travaillé
dans de précédents spectacles
et que je suis vraiment content de retrouver
pour cette création un peu spéciale.
C’est la première fois par contre
que je mets en scène Jean-Claude Derruder,
que vous avez pu voir dans Caussimon en trois
mots dans une mise en scène de Christian
Debaere.
Et
vous avez vous-même un rôle à
jouer ?
Je suis le partenaire de Jean-Claude dans
Abel et Bela. Dans la deuxième pièce,
ce sont plutôt les comédiens
« critiques » que je mets en scène
et qui se jouent de moi ! J’aimais bien
cette idée de renverser les rôles…
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