L'affiche
du spectacle
« La pièce
raconte la tentative désespérée
de s’arracher aux silences et paradoxalement,
elle se construit dans les silences. J’en
veux pour preuve les « temps »
très nombreux que l’auteur indique
- vous voyez, j’ai lu aussi la pièce-
et qui constituent les seules didascalies,
les seules exigences scéniques de cette
excellente pièce. Je suis tout à
fait d’accord avec Irénée
! Jeu de construction, la trame de nos existences
n’est autre qu’un jeu de Legos
imbriqués les uns dans les autres et
qui ne doivent qu’au hasard la complexité
de leur agencement. Il s’agit de combler
le vide du temps et de l’espace, et
qui sait, la mort. Au commencement était
le Verbe. Quand il s’en va c’est
la fin. »
Extrait d’Abel et Bela
L’affiche
représente l’idée de la
construction de l’œuvre, et le
caractère proprement insaisissable
de cette construction. Exposer une construction,
comme dans «Abel et Bela» revient
donc à montrer cette impuissance propre
à la création artistique. Les
cubes de légos sont comme des éléments,
des atomes d’une création (formes
simples, couleurs élémentaires),
leur organisation, montrée comme logique
(la géométrie en perspective
propre aux notice de assemblage, les flèches...)
ne forme en fait qu’un écheveau
inextricable malgré sa rectitude. À
travers ce semblant de «raisonnement»
se profile le vide et le caractère
évanescent de la création (caractère
dont le critique se rêve l’ennemi
juré, ce qui nous amène logiquement
à « Situations critiques »).
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