Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
Abel et Bela / Situations critiques
Comma
L'Autobus n'est juste à l'heure...
Jouer comme nous
L'Annonce à Guevara
Effets de nuit
Prises de becs
L'Eloge de la folie
La Comédie du paradoxe
Le Bain des pinsons
L'Endroit du théâtre
L'Eloge de la paresse
La Vie à un fil
L'Esthétocrate
Petites misères de la vie conjugale
Le Jour où Descartes s'est enrhumé
Bouvard et Pécuchet
 
 
 
 

L'Eloge de la folie

D'Erasme
Adaptation, mise en scène et interprétation de Jean-Marc Chotteau

Assistanat à la mise en scène: Maud Piontek
Régie Générale: Sébastien Meerpoel
Costumes: Sophie Selosse

 
 
 

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Le début
" Je sais tous les ragots qui courent sur moi dans le monde et tout le mal qu’on peut dire de la folie… Même chez les fous. C’est pourtant moi, je l’affirme, et moi seule, qui réjouis les hommes, et leurs dieux... Et vous venez de m’en donner la preuve puisqu’il m’a suffi de paraître devant vous pour mettre dans vos yeux la plus étincelante gaieté. (…) Vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai revêtu aujourd’hui cet accoutrement inusité? Vous le saurez pour peu que vous me prêtiez l’oreille. Non pas celle qui vous sert à écouter les prêches et les sermons, mais cette oreille-là que vous dressez si bien à la foire devant les bouffons et les pitres. Car l’envie m’est venue de faire ce soir devant vous un éloge. Non pas celui d’un dieu ou d’un homme, non, le mien. L’éloge de la Folie. "
 
Les politiques
" Quoi de plus insensé que de flatter le peuple, pour une candidature, d'acheter ses suffrages, de pourchasser l'applaudissement de tant de fous, de se complaire dans leurs acclamations, de se faire porter en triomphe comme une idole, ou de se voir en statue? On atteint là le comble de la folie! Personne ne peut le nier. C'est le bon sens…"
 
Le terrorisme intellectuel
" Mais ne suis-je pas en train de me conduire comme ces pédants faiseurs de discours qui s’amusent aujourd’hui à user d’une double langue, comme les sangsues? Ils s’imaginent avoir accompli un chef d’œuvre en truffant leur discours de quelques mots grecs, incompréhensibles et souvent hors sujet mais qui font jolis dans le tableau. Si ces mots-là leur manquent, ils vont chercher dans de vieux livres pourris quelques vieilles formules susceptibles d’épater la galerie et de jeter de la poudre aux yeux du spectateur. Si ceux qui comprennent se rengorgent, le miracle est que ceux qui ne comprennent rien ne les en admirent que mieux! Les gens en effet trouvent un suprême plaisir à ce qui leur est totalement étranger ! Leur vanité y est intéressée ; ils rient, ils applaudissent, remuent l’oreille comme des ânes, pour montrer qu’ils ont bien compris..."
 
Les professeurs
"quoi de plus calamiteux que cette race d’hommes, faméliques et crapoteux, dans leurs écoles, que dis-je leurs cachots cafardeux, leurs galères, leurs chambres de torture, où ils se décatissent devant des flopées de marmots, et deviennent sourds à force de hurler. Et qu’importe de quoi ils gavent les marmots. Ils réussissent par je ne sais quelle magie à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, auprès des mères poules sans cervelle et des pères idiots. Le professeur, l’animal le plus malheureux de toute la terre, c’est grâce à moi, avouez-le, s’il n’échangerait son sort contre celui du roi de Perse."
 

La comédie humaine
" La vie des hommes est-elle autre chose qu’une pièce de théâtre où chacun s’avance masqué et tient son rôle, jusqu’à ce que le metteur en scène lui demande de sortir? Je vous le dis : il n’y a partout que du travesti, et c’est ainsi que se joue la comédie humaine…"

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