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| L'Eloge
de la folie
D'Erasme
Adaptation, mise en scène et
interprétation de Jean-Marc Chotteau
Assistanat à la mise en scène:
Maud Piontek
Régie Générale:
Sébastien Meerpoel
Costumes: Sophie Selosse
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> Extraits
du spectacle
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la Revue de presse (4,05 Mo)
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Le
début " Je sais tous les
ragots qui courent sur moi dans le monde et tout
le mal qu’on peut dire de la folie…
Même chez les fous. C’est pourtant
moi, je l’affirme, et moi seule, qui réjouis
les hommes, et leurs dieux... Et vous venez de
m’en donner la preuve puisqu’il m’a
suffi de paraître devant vous pour mettre
dans vos yeux la plus étincelante gaieté.
(…) Vous vous demandez peut-être pourquoi
j’ai revêtu aujourd’hui cet
accoutrement inusité? Vous le saurez pour
peu que vous me prêtiez l’oreille.
Non pas celle qui vous sert à écouter
les prêches et les sermons, mais cette oreille-là
que vous dressez si bien à la foire devant
les bouffons et les pitres. Car l’envie
m’est venue de faire ce soir devant vous
un éloge. Non pas celui d’un dieu
ou d’un homme, non, le mien. L’éloge
de la Folie. " |
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Les
politiques
" Quoi
de plus insensé que de flatter le peuple,
pour une candidature, d'acheter ses suffrages,
de pourchasser l'applaudissement de tant de fous,
de se complaire dans leurs acclamations, de se
faire porter en triomphe comme une idole, ou de
se voir en statue? On atteint là le comble
de la folie! Personne ne peut le nier. C'est le
bon sens…" |
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Le
terrorisme intellectuel "
Mais ne suis-je pas en train de me conduire comme
ces pédants faiseurs de discours qui s’amusent
aujourd’hui à user d’une double
langue, comme les sangsues? Ils s’imaginent
avoir accompli un chef d’œuvre en truffant
leur discours de quelques mots grecs, incompréhensibles
et souvent hors sujet mais qui font jolis dans
le tableau. Si ces mots-là leur manquent,
ils vont chercher dans de vieux livres pourris
quelques vieilles formules susceptibles d’épater
la galerie et de jeter de la poudre aux yeux du
spectateur. Si ceux qui comprennent se rengorgent,
le miracle est que ceux qui ne comprennent rien
ne les en admirent que mieux! Les gens en effet
trouvent un suprême plaisir à ce
qui leur est totalement étranger ! Leur
vanité y est intéressée ;
ils rient, ils applaudissent, remuent l’oreille
comme des ânes, pour montrer qu’ils
ont bien compris..." |
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Les
professeurs
"quoi de
plus calamiteux que cette race d’hommes,
faméliques et crapoteux, dans leurs écoles,
que dis-je leurs cachots cafardeux, leurs galères,
leurs chambres de torture, où ils se décatissent
devant des flopées de marmots, et deviennent
sourds à force de hurler. Et qu’importe
de quoi ils gavent les marmots. Ils réussissent
par je ne sais quelle magie à se faire
passer pour ce qu’ils ne sont pas, auprès
des mères poules sans cervelle et des pères
idiots. Le professeur, l’animal le plus
malheureux de toute la terre, c’est grâce
à moi, avouez-le, s’il n’échangerait
son sort contre celui du roi de Perse." |
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La comédie
humaine
" La vie des hommes est-elle autre chose
qu’une pièce de théâtre
où chacun s’avance masqué
et tient son rôle, jusqu’à
ce que le metteur en scène lui demande
de sortir? Je vous le dis : il n’y a partout
que du travesti, et c’est ainsi que se
joue la comédie humaine…"
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