Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
Abel et Bela / Situations critiques
Comma
L'Autobus n'est juste à l'heure...
Jouer comme nous
L'Annonce à Guevara
Effets de nuit
Prises de becs
L'Eloge de la folie
La Comédie du paradoxe
Le Bain des pinsons
L'Endroit du théâtre
L'Eloge de la paresse
La Vie à un fil
L'Esthétocrate
Petites misères de la vie conjugale
Le Jour où Descartes s'est enrhumé
Bouvard et Pécuchet
 
 
 
 
 
Revue de presse
 
 
Prises de becs au Gallodrome
 
En bref !
« La belle initiative ! Très sympa! » Gérard Holtz, France 2
« Féroces, hilarantes, inquiétantes, pleine d’esprit ou presque anodines, les plus belles scènes de ménage de théâtre, pour un spectacle aussi inattendu que le lieu où il se déroule ! » Arnaud Laporte, France Culture
Une des démarches les plus insolites de la saison… Excellents comédiens… Hâtez-vous ! »
Le Courrier de l’Escaut
« A pleurer de rire. La performance des acteurs est remarquable. » F. F., La Voix du Nord
« Tout l'édifice repose sur un formidable numéro d'acteurs et une mise en scène réglée comme une chorégraphie… Un théâtre certes jubilatoire, mais peut-être plus profond qu'il n'y paraît. » R. D., La Montagne
« Une satire de la vie à deux, inquiétante mais aussi émouvante (…) Original!… » C9 TV
 
En détails...
 
> L'art de la dispute dans toute sa grandeur
Par Jean-Michel Gautier, La Marseillaise, le 30 juillet 2005
 

"Prises de becs au Gallodrome", une idée absolument géniale.

Comparer les humains aux coqs et les mettre dans un Gallodrome, c'est à dire une arène de combat, entourés de spectateurs sur des gradins. Quoi de plus jouissif que de voir les autres se déchirer!
Le Gallodrome existe depuis l'antiquité et perdure toujours dans diverses contrées du globe, malgré parfois les interdits. Tout est absolument codé et les combats se déroulent sous les cris des spectateurs parleurs.
Le lieu comme l'élément central, les comédiens entrent dans l'arène en gladiateurs/ coqs pour s'affronter en des joutes oratoires lors de leur disputes.
C'est très bien joué par deux splendides poules, Angélique Catel et Laurence Salembier qui donnent de la voix et du geste, montrant que la gent féminine ne s'en laisse pas compter ; Eric Leblanc et Bruno Tuchszer campent deux coqs de combat ayant quelques faiblesses, la nature est ainsi faite. La mise en scène de Jean-Marc Chotteau est réglée au millimètre et le décor une base splendide pour un propos pareil.
On assiste donc à des joutes à partir d'extraits de Molière, Courteline, Feydeau, Ionesco et un autre lillois écrivant en ch’timi, Simons.
Ainsi les couples se déchirent sous les yeux de spectateurs, mais derrière ce lynchage, c'est l'individu qui est en scène, c'est soi qui est projeté dans l'arène.
Une intéressante étude de mœurs.

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> Grosses "Prises de becs " au collège de la Salle
Par Michèle Villon, Midi Libre, mercredi 27 juillet 2005
 

Le Gallodrome est généralement réservé aux combats de coqs, divertissement traditionnel dans le nord de la France, notamment en Flandres et en Artois. Dans la cours du collège de la Salle, c'est un ring pour six acteurs : deux poules, deux coqs et deux arbitres. Leurs prises de becs sont l'occasion de (re)découvrir un florilège des pires scènes de ménage tirées du répertoire de Molière, Courteline, Feydeau ou Ionesco.
Les combats de coqs ont leurs règles, les scènes conjugales aussi, et on peut se demander qui est la bête dans cette exagération du verbe et du comportement. Rien de dramatique ici, même si tout finit toujours par KO ou ex-aequo. On rit et on jubile.
Le plaisir vient aussi de l'étrangeté d'entendre ces joutes verbales en langue ch'ti. Certaines nuances, certains mots échappent mais cela n'enlève rien à la compréhension, tant le jeu des acteurs est imagé et haut en couleurs.
Les scènes traditionnelles et intemporelles, où gloussements, caquètements, roucoulades sont magistralement chorégraphiés par deux arbitres qui prennent à partie le public, ravi de se voir ainsi mis en scène et en espace. Le ring permet effectivement aux spectateurs de vérifier en miroir leurs propre réactions.
Depuis 1999, la démarche de la compagnie Virgule, entraînée par Jean-Marc Chotteau, est d'aller à la rencontre du public hors des lieux habituels de théâtre. En venant au festival d'Avignon, elle l'a rencontré.

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> Combats de coqs
Un florilège– particulièrement réussi – de "prises de becs"
Par B. Tripoli, La Marseillaise, vendredi 15 juillet 2005
 

C'est la rencontre de deux univers que l'on ne pensait pas particulièrement proches, voire pour certains, diamétralement opposés. Imaginez un gallodrome. "Quès a quo?" dira le provençal. Un lieu où se rencontrent et combattent des coqs peut lui répondre le ch'ti. C'est le décor choisi pour transposer une autre forme de lutte, récurrente au théâtre entre le "coq" volage, orgueilleux ou peureux et sa "cocotte", fantasque ou provocante.
C'est donc à l'intérieur de ce gallodrome cerclé de grillage et entouré de gradins, reconstitué pour l'occasion, que s'affrontent deux "coqs" et deux "poules" sous le regard goguenard de deux arbitres. Sur ce plateau à 360 degrés on assiste à une juxtaposition de scènes conjugales puisées chez les plus grands: de Molière à Feydeau, de Courteline à Ionesco en passant par Simons, auteur typiquement nordiste qui nous permet quelques passages dépaysants en ch'ti. "Comme le théâtre, les combats de coqs ont leurs règles, leurs codes, leur dramaturgie. C'est elle dont l'auteur s'inspire pour créer le lien entre tous ces ménages en scène". Une diversité de styles et de langage qui donne sa force à la pièce. Et l'on s'aperçoit que les combats de gallinacés et les rapports de couple peuvent finalement avoir plus de proximité que l'on ne pensait au prime abord. On se "vole dans les plumes", "droit sur ses ergots" tout en caquetant, "jacassant" et "gloussant".
Une pièce excellente qui nous permet de revisiter quelques saynètes dans un décor a priori incongru que les comédiens occupent avec brio et dynamisme. On se retrouve parfois dans ce maelström qui agit comme un miroir de nos propres vies et on en rit beaucoup.
Répondant à la population qui lui demandait de faire cesser les combats de coqs, Lincoln rétorqua "aussi longtemps que notre Dieu permettra à l'Homme –créé à son image – de se battre en public et de s'entretuer, pendant que le reste du monde contemple cela sans rien faire, il ne m'appartient pas, à moi, de priver les poulets du même privilège". A méditer…

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> Trouvez le coq qui se dresse en vous
Par Aude Brédy, L'Humanité, mardi 19 juillet 2005
 

"Bienvenue dans le pit!" clament dans un accent et parler chti irrésistible deux arbitres, de ceux qui officient au milieu du vacarme d'éleveurs passionnés exerçant un peu leur activité dans le secret, dans ces gallodromes subsistant aujourd'hui encore en Flandres ou en Artois, ou en Thaïlande. Là, les arbitres désignent qui, de deux coqs combattant jusqu'au sang, est le plus opiniâtre et féroce.
Mais dans la cour de récréation du collège de la Salle, dans ce "trou à coqs" grillagé, fidèle à l'original, autour duquel l'on prend place à ciel ouvert, nul gallinacé. Quoique…Dès 1999, date aussi où elle a imaginé une collaboration transfrontalière avec des villes limitrophes belges, la compagnie Jean-Marc Chotteau de Tourcoing a jeté dans les gallodromes de la région Nord-Pas-de-Calais –et plus loin –des scènes de ménage du tac au tac. Lesquelles nous évoquent illico la figure du coq, son insistance prétentieuse à avoir le dernier mot, rappelant l'interminable caquètement :comme lui, l'homme "se dresse sur ses ergots", et la femme, il est vrai, glousse parfois telle la cocotte…Et c'est semblablement que le théâtre et les combats de coqs ont leur code, leur dramaturgie. Après que les arbitres ont expliqué l'origine et la teneur des joutes de coqs, ils statueront dans le lieu transformé en arènes où s'affrontera le verbe conjugal surtout. Cela débute par Molière. Les combattants en habits ont, au cou, un grotesque grelot de plumes rouges . Les mises sont élégantes et les fulminations bestiales. Surgit, du poète lillois et patoisant Simons, l'inénarrable "les carottes sont cuites"; ou l'importance de la cuisson des légumes dans l'entretien du désir d'Alfred et Zulma. La langue de Simons, savoureuse, est à découvrir. Rien à voir avec le verbe pincé, multipliant les formes, d'un Courteline dans les extraits de Le Gora ou de La peur des coup, pièces de boulevard revivifiés, décalées et plus cocasses dans ce trou à coqs. L'humour procède d'injections jubilatoires, par les arbitres, d'informations prosaïques sur les capacités physiques des coqs et leurs défaillances primaires, au cœur de la langue écrite, souvent châtiée! Suivront des joutes concoctées par Feydeau, Ionesco…Pendant que deux comédiens sont en lice, deux autres s'octroient du répit après n'avoir pas ménagé leur sueur pour offrir des interprétations talentueuses, où la figure concrète du coq n'est qu'esquissée, fugacement et à point nommé.

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> Prises de becs au gallodrome
Par Vaucluse, L'Hebdo, Le Comtadin, vendredi 29 juillet 2005
 

Et voilà le Nord au Sud, le combat de coqs au pays de la corrida, le "chti" contre "l'assent". La compagnie "La Virgule" a reconstitué un "pit" ou gallodrome, cette mini-arène où les coqs s'affrontent dans un combat à mort. Les spectateurs sont assis tout autour et deux arbitres viennent leur expliquer les règles. Cette mise en culture nordique va nous permettre d'assister à des extraits de quelques-unes des plus savoureuses scènes de ménage du théâtre. Les acteurs-coqs se battent pour une actrice poule ou contre les actrices-poules et chaque scène se termine par la victoire de l'un(e), le KO de l'autre ou un match nul. Le public est encouragé à aiguillonner son champion et ne s'en prive pas! Les scènes sont très drôles et pour un non-initié, les deux extraits de Simons, dits en "chti" bénéficient en plus du goût savoureux de l'exotisme. Il est sage (mais non indispensable) de lire le lexique auparavant. Il va sans dire que le plaisir que l'on prend doit beaucoup au talent des quatre gallinacés-comédiens. Cocorico!

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> Que serions-nous sans ailes ?
Par R.Duclos, La Montagne, 27 février 2004
 

Dans un Petit Vélo lancé au grand gallodrome, transformé en salle Wagram version pugilistique, un quatuor de mâles transfrontaliers éructant et vitupérant se prend de bec avec un duo de femelles septentrionales aussi affreusement vipérines et perverses que piètres cuisinières. De Molière à Ionesco en convoquant Courteline, Feydeau et un certain et néanmoins irrésistible Simons patoisant, tous nous avaient pourtant prévenus : elles ne sont que des empoisonneuses. Et voilà ces crétins de coqs qui s’étripent consciencieusement et se volent dans les plumes et dans les règles du noble art pour un harem de basse-cour en sous effectif qui souffle sur les braises avec application et perversion. Après tout, il en a suffit d’une pour rayer de la carte, l’une des plus belle civilisation de l’Antiquité. (…) Alors imaginez ce qu’il serait advenu des murs du Petit Vélo si Jean-Marc Chotteau n’avait pas pris la précaution d’enfermer ces infernaux gallinacés dans un ring dûment grillagé. ( A voir absolument !) Transformer également les susnommés monuments nationaux de la littérature hexagonale, dont un immortel, en pâtée pour les poules, fallait oser. Chotteau l’a fait. Le public en redemande.
De scènes de ménage qui déménagent en sept rounds sans temps morts : salle K.O. sur place. Le sextuor d’olibrius « ch’ti mi » de Prises de becs …au Gallodrome !, a dû fumer des moules frites transgéniques ou tourner au cocktail carottes-kérosène. Répliques sans faux-cols, mitraille de mots d’oiseaux, invectives à feu roulant, filent comme des uppercuts. Pas de fer à cheval dans les gants: tout en jeu de jambes, en esquive et fientes de rhéteur. On combat en catégorie super coq. Et les règles ont en été écrites par des plumes délicieusement légères et irrésistiblement vitriolées. Les deux coqueluches en jupe, enjeu de ce combat vieux comme le couple infernal de la jalousie et du soupçon, mènent l’affaire à un (arrière) train d’enfer. Tout l’édifice repose sur un formidable numéro d’acteurs et une mise en scène réglée comme une chorégraphie. Une réplique, un mot, simplement portés par une grimace, glissés avec une mimique, enlevés sur une pirouette, en disent plus sur la duplicité et l’infernale séduction de la gente à frou-frou, et l’indécrottable naïveté de leur réplique à crête mise à mal, qu’une encyclopédie de psycho-sociologie du compor-tement.
Un théâtre certes jubilatoire mais peut être plus profond qu’il n’y paraît. Il y a de l’éternel et volatil féminin, bien sûr là-dessous. Que serions-nous sans ailes ?

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