Pierre Louki
"Il
faut que j'écrive
Pour jouir des mots
Plaisirs anormaux
Trouble alternative
Les mots ou les maux?
Il faut que j'écrive
Pour jouir des mots"
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Malgré
ses multiples prix (Prix Sacem 1978, Prix
Humour Noir 83, Grand Prix du Président
de la République, Académie Charles
Cros 92, Prix SACD 92), ses 200 chansons (dont
certaines enregistrées par Juliette
Gréco, Les Frères Jacques, Catherine
Sauvage, Jean Ferrat, Patachou...), ses 20
dramatiques diffusées sur France Culture,
ses très nombreuses pièces jouées
au Théâtre Hébertot, au
TEP, au Théâtre Présent,
au Lucernaire, au La Bruyère, à
La Huchette, à Avignon, Pierre Louki
a poursuivi sa carrière dans la discrétion.
Poète tendre, discret et burlesque,
il nous a quitté en décembre
2006, après un dernier disque, «
Salut la compagnie ».
Il désirait être coureur cycliste,
puis comédien, puis ne désirait
plus rien : on lui fait apprendre l’horlogerie
pour lui inculquer la notion du temps qui
passe… Son apprentissage terminé,
n’ayant pas les moyens de s’offrir
un vélo, il s’inscrit au cours
d’art dramatique de Roger Blin. Impossible
en effet de citer Pierre Louki sans évoquer
ses deux fidèles compagnons, Roger
Blin et Georges Brassens - avec ce dernier
il fit en effet de bien jolies chansons, "Charlotte
et Sarah" et "Le cœur à
l'automne". Pour le théâtre,
il débuta comme comédien en
1955 par un succès pour Lucette Raillat,
La môme aux boutons, puis il fut Lucky
dans En attendant Godot de Beckett sous la
direction de Roger Blin. L’aventure
commence, Louki ne lâchera plus le jeu,
ni surtout l’écriture…
Cet auteur-compositeur-coureur à pied
(il gagna beaucoup de courses) aussi pudique
que flegmatique, dont l'œuvre marie subtilement
ironie, érotisme et mélancolie
vous dira : « vous voulez me connaître
? Ecoutez mes chansons, ça me fera
plaisir, et vous saurez tout ». Un "artiste
rare et scrupuleux" pour Brassens, dont
la poésie loufoque en a séduit
plus d'un, de Devos à Obaldia, d'Averty
à Michel Piccoli : à (re)découvrir
d'urgence... |
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« Des années que je suis
cette œuvre qui s’affine de jour
en jour, hors mode mais dans le temps présent.
Poésie tendre, étonnée
et savante dont l’humour ne quitte jamais
les chemins du cœur » Roger
Blin
« Louki c’est donc un petit
garçon débile, mais si finement
débile qu’on se demande si cet
idiot n’est pas un peu fou, ce qui est
différent. Et sa voix légère,
fluide, s’envole avec tendresse sur
la spirale des mots décousus. »
B.C. Le canard enchaîné
« Il y a comme ça, de temps
en temps, un poète qui traverse sur
la pointe des pieds le ciel de la poésie...
», Raymond Devos
« Pierre Louki, ce clown qui fait
l’école buissonnière est
avant tout un rêveur, un poète
qui tente de nous amuser et qui y réussit.
Un phénomène qui ne court pas
les scènes. » C.A. L’Express
"…voici
la problématique qui nourrit l’œuvre
de Pierre Louki, aussi bien ses chansons et
son théâtre : ses deux grands
thèmes, la mort et l’amitié
et surtout le thème de l’extraordinaire
résistance de l’homme à
toutes sortes de malheurs et de catastrophes.
Ses héros se trouvent dans des situations
insoutenables, et pourtant ils continuent.
Le rire désespéré
Pessimiste ? Non, mais lucide, et sans illusion
est le regard que Pierre Louki pose sur le
monde et sur les humains. « Je voudrais
aimer les gens, dit-il, mais je ne suis pas
toujours à l’aise avec eux. »
La gestion absurde et barbare du monde, la
folie autodestructrice de l’humanité,
les rapports humains régis par la loi
du plus fort, tout cela n’est-il pas
désespérant, décourageant
? Pour Pierre Louki, le rire n’est pas
une antidote à l’angoisse ni
un moyen d’oublier ou de se protéger
de la catastrophe. Son comique immédiat
est une angoisse différée. Pierre
Louki reconnaît sa famille d’esprit
dans les humoristes comme Alphonse Allais,
Tristan Bernard, Jules Renard mais aussi Pierre
Dac, Francis Blanche qui comme lui, viennent
des variétés. Son humour est
engagé est son rire est en même
temps réflexion et refus de l’absurdité
du monde que Pierre Louki combat…"
Irène
Sadowska-guillon, Extrait de L’Avant-scène,
octobre 1990
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