Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Tourcoing/Mouscron, dir. Jean-Marc Chotteau
     
 
 
 
 
Abel et Bela / Situations critiques
Comma
L'Autobus n'est juste à l'heure...
Jouer comme nous
L'Annonce à Guevara
Effets de nuit
Prises de becs
L'Eloge de la folie
La Comédie du paradoxe
Le Bain des pinsons
L'Endroit du théâtre
L'Eloge de la paresse
La Vie à un fil
L'Esthétocrate
Petites misères de la vie conjugale
Le Jour où Descartes s'est enrhumé
Bouvard et Pécuchet
 
 
 
 

Abel et Bela de Robert Pinget
Suivi de
Situations critiques de Jean-Marc Chotteau

Mise en scène Jean-Marc Chotteau
Avec Frédéric Barbe, Sylvie Baur, Estelle Boukni, Jean-Marc Chotteau, Jean-Claude Derruder et Eric Leblanc

 

 

 
 

Robert Pinget, auteur d'Abel et Bela

Né à Genève en 1919, Robert Pinget suit des études de droit puis exerce brièvement le métier d’avocat. En 1946, il renonce à sa carrière de juriste pour se consacrer aux arts qu’il pratique déjà depuis l’enfance. Il quitte alors la Suisse et s’installe à Paris où il entre aux Beaux-Arts. Pinget expose quelques fois dans les galeries de Saint-Germain-des-Prés, avant de décider, en 1950, de se tourner définitivement vers l'écriture. Il publie son premier roman Mahu ou le Matériau en 1952, puis, dès l’année suivante, un second Le Renard et la Boussole. Grâce au soutien d'Albert Camus, d’Alain Robbe-Grillet mais, surtout, de Samuel Beckett qui sera son grand ami, Graal Flibuste paraît aux Editions de Minuit en 1956, maison qui éditera le reste de son œuvre. Si Pinget défend, dès lors, les couleurs du Nouveau Roman, c’est toutefois l’écriture de pièces de théâtre qu’il vit, ses œuvres étant montées non seulement sur des scènes prestigieuses mais également adaptées pour la télévision. Pinget acquiert la nationalité française et quitte la capitale pour « sa chaumière » tourangelle où il écrit inlassablement. Il y définit un style nouveau, une « dernière veine » qui présidera à l’écriture de carnets dont la parution commence en 1982 avec la publication de Monsieur Songe, du nom de ce personnage vieillissant dont Pinget n'a jamais nié qu'il était un alter ego.

L’œuvre littéraire de Pinget fut récompensée par le Prix des Critiques en 1963 pour L’Inquisitoire, et, en 1965, par le Prix Femina pour Quelqu'un. En 1987, le Festival d’Avignon mit à l’honneur sa production théâtrale. En 1990, le Grand Prix National des Lettres lui fut décerné pour l'ensemble de son œuvre.

« On a souvent parlé, à propos de Robert Pinget, d’auteur discret. À l’abri de l’agitation médiatique comme des cénacles théoriques, il fut l’ennemi de toutes les démagogies et des séductions faciles. Discrète, secrète parfois, la voix de Pinget est forte. Singulière, elle est toujours aisément reconnaissable, qu’elle aille vers l’excès et la démesure ou vers l’économie et la retenue. Elle s’éprouve dans des tonalités variées : humour grinçant et tendre, désespoir désabusé ou douloureux, fantaisie, gravité, critique acerbe, sympathie certaine pour l’Autre sous toutes ses formes… Chez Pinget, la recherche du mot juste, du rythme porteur de sens, du ton équilibré est toujours un exercice de lucidité, qu’il s’agisse de dramaturgie, de poésie ou de récit. Il est temps de réévaluer cette œuvre importante, en dehors des cadres qui l’ont parfois contenue. »
[Présentation de Robert Pinget dans le numéro spécial qui lui est consacré par la Revue Europe – n°897-898 janv.fév. 2004 ]

 
 
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