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LE ROI SE MEURT


De Eugène Ionesco
Mise en scène de Chistine Delmotte

Du mercredi 14 au vendredi 16 octobre 2015
au Centre Marius Staquet, Mouscron [B]

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Production : Compagnie Biloxi 48 (Bruxelles)
Avec l’aide de la Commission Communautaire française et de la Fédération Wallonie-Bruxelles / Ministère de la communauté française, Direction générale de la Culture – Service Théâtre. Avec la participation du Centre des Arts scéniques.
Avec : Valérie Bauchau, Catherine Decrolier, Fabian Finkels, Pietro Pizzuti, Flora Thomas, Anaïs Tossings
Mise en scène et scénographie : Christine Delmotte
Direction technique et éclairage : Nathalie Borlée
Vidéo : Caroline Cereghetti
Collaboration scénographique : Noémie Vanheste
Assistanat à la mise en scène : Anna Giolo
Régie : Bruno Smit
Régie plateau : Cassandre Mallet
Coordination : Charlotte Dumont
Stagiaires : Margaux Gevrey, Laurie Gysen, Marie Ghaye, Eleonore Gyselinck, Jean-François Roland et Cédric Celorio
Durée du spectacle : 1h35 sans entracte
Jeudi 15 octobre 2015 rencontre avec l’équipe artistique à la fin de la représentation


Phototèque


Dans les couloirs du palais, on annonce la mort prochaine du Roi Bérenger 1er. Ses proches s’y préparent. Chacun constate son déclin en même temps que celui du royaume. Tel un héros classique, c’est au fait de l’intrigue que le Roi fait son entrée. Mais, bien que son corps le trahisse, il semble encore nier l’évidence… Pour ne pas lui déplaire, de nombreux courtisans nourrissent encore ses illusions d’une grandeur et d’une longévité inaltérables. Quelques autres, au contraire, plus désintéressés ou juste charitables, lui parlent, l’écoutent et tentent de le préparer à cette inéluctable conclusion. Ils le réconfortent, le délestent peu à peu de ses angoisses et l’aident à changer de regard sur cette fatalité bien humaine.

Christine Delmotte a choisi de ne pas confier le rôle titre de son Roi se meurt à un acteur âgé, qui ferait face, pareillement à son personnage, à l’irrésistible conclusion d’une vie. S’inspirant de la dimension autobiographique donnée par Ionesco à cette œuvre écrite en 1962, alors qu’à 53 ans l’auteur venait lui-même de frôler la mort, la metteuse en scène confie le rôle du Roi à Pietro Pizzuti, acteur quinquagénaire magistral sur scène, qui joue à corps perdu, en jeans, torse et pieds nus. Au décor vaguement gothique soufflé par les didascalies du dramaturge, elle préfère un mobilier design et coloré, et fait de son Roi un auteur somnolant face à l’écran vide de son ordinateur. Ses interrogations viscérales sur la création le mènent, au gré de ses rêves et cauchemars, à interroger le sens profond des choses et de la vie. À l’énergie développée à contre courant par l’acteur principal - accompagné sur scène par une distribution du même talent -, répond, dans un dispositif scénique sobre et efficace, un immense portrait vidéo du Roi, qui, comme le veut la pièce, dépérit inexorablement sous les yeux des spectateurs. Malgré les luttes, les tentatives de résistance par la création, la vérité ontologique de la nature humaine imposera sa conclusion. La mort, thème récurrent chez Ionesco mais qu’il prend ici pour sujet même de sa pièce, arrive sans détour possible et avec l’évidente simplicité qu’indique si bien le titre du spectacle.


Christine Delmotte

Diplômée de l’INSAS, metteuse en scène de théâtre, réalisatrice de cinéma et chargée de cours dans différentes écoles de théâtre, Christine Delmotte dirige la Compagnie Biloxi 48 depuis sa création en 1987. Biloxi 48 est l’une des équipes de création résidente du Théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles. Christine Delmotte a signé de très nombreuses mises en scène au théâtre, parfois de ses propres textes (Transit à Dresde, La Comédie des illusions) ou adaptations (Sur les traces de Siddharta), de quelques grands classiques également (Nathan le Sage de Gotthold Ephraim Lessing), mais le plus souvent de textes d’auteurs contemporains : Antigone d’Henry Bauchau, Biographie de la faim et Le Sabotage amoureux d’Amélie Nothomb, Milarepa d’Éric-Emmanuel Schmitt, Aurore boréale de Paul Pourveur, Rouge, Noir et Ignorant d’Edward Bond, Le Sourire de Sagamore de Stanislas Cotton, Le Silence des Mères de Pietro Pizzuti, Kou l’ahuri de Jacques Duboin, Cinq filles couleur pêche d’Alan Ball. Les spectateurs de La Virgule ont déjà pu découvrir son travail, il y a une dizaine d’années, avec sa création de Bureau National des Allogènes de Stanislas Cotton. Christine Delmotte a également réalisé de nombreux documentaires radio, quelques documentaires vidéo, et a adapté pour les réaliser au cinéma deux romans d’Amélie Nothomb : Le Sabotage amoureux et Antéchrista.


La presse en parle

Pietro Pizzuti vit Le Roi se meurt par tous ses pores, sans histrionisme, dans un pathétisme très mesuré. Et pourtant il joue sans cesse, avec tous (personnages réels ou rêvés ou facettes de lui-­même), avec sa première épouse, Marguerite, une Valérie Bauchau formidable, la raison incarnée, d’une élégante sérénité, elle devient celle qui dénoue les doigts, les peurs, qui guide, qui apaise.
Michèle Friche, Le Soir

Un chef d’œuvre ! Un texte brillant, émérite, éclatant ! Une mise en scène et une scénographie tout à fait remarquables de Christine Delmotte. Une interprétation extraordinaire, fulgurante, éclatante de Pietro Pizzuti.
Roger Simons, Les Feux de la rampe