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JOE EGG


De Peter Nichols
Adaptation et mise en scène de Bruno Lajara

Avec : Christian Abart, Bruno Buffoli, Fanny Chevallier, Perrine Fovez, Bruno Tuchszer et Paul Lajara en alternance avec Hugo Lahousse

Du jeudi 17 janvier au samedi 02 février 2013
au Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

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Production : Vies à Vies (Arras)
Coproduction : Ville de Grenay - Espace Ronny Coutteure
Avec le soutien du Conseil Régional Nord - Pas de Calais et du Conseil Général du Pas de Calais
D’après Un jour dans la mort de Joe Egg, traduction Claude Roy, Gallimard, Paris, 1970
Scénographie : Blandine Vieillot
Costumes : Dominique Louis
Lumière et Régie Générale : Olivier Floury
Durée du spectacle : 1h20 sans entracte


Sheila et Brian forment un couple comme tant d’autres dans une modeste banlieue anglaise. Un mariage pas si banal pourtant, puisque cultiver la flamme et même simplement réussir à vivre ensemble au quotidien nécessite pour eux de s’abstraire de l’attention constante et des soins que demande leur fils, cloué depuis sa naissance dans un fauteuil roulant, sans aucune autonomie ni même la capacité de s’exprimer.

Une « jolie petite plante » comme le leur avait annoncé, non sans humour, le médecin qui avait établi ce diagnostique définitif. Cet humour caustique, le couple l’a fait sien pour affronter une vie de contraintes sans sombrer ni se décourager. Pas d’apitoiement, ni de politiquement correct, dans cette comédie corrosive, pas d’échappatoire ni pour les parents, ni pour les amis, ni pour les spectateurs que le couple prend volontiers à partie comme pour mieux s’intégrer au monde, ou, plutôt, pour ne pas se laisser enfermer dans sa prison domestique.

Bruno Lajara a découvert cette comédie noire et profonde, rarement jouée, il y a vingt-cinq ans à Paris. Cherchant à mettre en scène une comédie, genre délaissé selon lui dans le théâtre subventionné, le souvenir de Joe Egg s’est réveillé en lui comme une évidence pour créer un théâtre qui joue son rôle de divertissement tout en portant un regard sur le monde. Un jour dans la mort de Joe Egg est une « comédie sur un sujet tragique », à l’humour féroce et dérangeant mais également d’une totale sincérité puisque Peter Nichols a écrit la pièce suite à la naissance de l’un de ses enfants gravement handicapé. De cette réflexion sans retenue sur le handicap, la parentalité, l’amour, … ressort une intense pulsion de vie.

Bruno Lajara placera ses acteurs dans un décor réaliste, quasi naturaliste, qui emmènera les spectateurs dans un salon britannique au look seventies, un rien kitsch, pour souligner la dimension profondément anglaise et délirante de cette farce.

Metteur en scène né en 1968, Bruno Lajara fonde la compagnie Vies-à-Vies en 1993 avec d’autres élèves de l’École du Passage dirigé par Niels Arestrup. Il y crée des pièces comme Lucioles de Laurent Charvillat et L’Éveil du printemps de Frank Wedekind. Au fil des années, il s’entoure d’artistes venant d’autres horizons, Christophe Demarthe, compositeur, Vincent Tirmarche, créateur vidéo, mais aussi des auteurs contemporains tels Denis Lachaud ou Christophe Martin. En 1995, il fonde le Plateau 31 à Gentilly et y commence un travail d’ateliers avec les habitants. Ces échanges nourriront son travail et aboutiront, en 1999, à la création d’un « opéra urbain » Chiens alanguis finalement jetés coécrit avec Christophe Martin. Touché par les images des ex-ouvrières de l’usine Levi’s, il entame avec elles un travail d’écriture qui donnera naissance quelques temps plus tard à 501 blues, un spectacle qui recevra une grande audience médiatique et partira pour une longue tournée. Bruno Lajara s’ancre ensuite dans le bassin minier où il poursuit son travail au contact de la population. Il crée parallèlement des spectacles tels Léon le nul de Francis Monty, Fuites et Les Révoltés de Christophe Martin ou, récemment, Comédie tchétchène de Yoann Lavabre. Il réalise également des courts métrages et tourne prochainement son premier long-métrage inspiré de 501 blues.