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DEMANDONS L’IMPOSSIBLE


D’après le roman de Hervé Hamon
Mise en scène de Christophe Moyer

Centre Marius Staquet, Mouscron [B]
Vendredi 25 mai 2018 à 14h00



 

Production : Compagnie Sens Ascensionnels (Lille)
Coproduction : Les Tréteaux de France - Centre Dramatique National, Culture Commune - Scène Nationale du bassin minier, Espace Ronny Coutteure (Grenay), maison Folie Wazemmes (Lille)
Avec : Sophie Descamps, Cyril Brisse, Fabrice Gaillard,
David Lacomblez, Sarah Lecarpentier
Adaptation : Christophe Moyer et Hervé Hamon
Vidéos : Eric Bézy
Création musicale : Benjamin Collier
Administration de production : Aurélie Mérel (Filage)
Durée du spectacle : Environ 1h30 sans entracte (création)


Cinquante ans après mai 68, Christophe Moyer interroge les bouleversements profonds engendrés par ce mouvement social et étudiant toujours inégalé. Il adapte un roman dont la force est de nous faire vivre la « révolution culturelle » du joli mois de mai, non pas d’un côté ou de l’autre des barricades, mais dans l’intimité d’un foyer.
Demandons l’impossible c’est l’histoire d’une famille moyenne, trois enfants comme tout le monde, la province pas très loin, les guerres (39-45 et l’Algérie) pas oubliées, la mère un peu catho, le père un peu coco, des crédits en cours, l’ascenseur social en marche, la télé aux ordres et en noir et blanc, le Général en père de la nation, la banlieue qui se bétonne et le poulet du dimanche… Chacun va vivre mai 68 dans la sphère où il évolue : la cuisine familiale pour Mélina la mère, la très conservatrice fac de médecine pour l’aîné, un groupuscule maoïste pour le cadet, le lycée pour la benjamine...
Dans un décor peuplé d’objets du quotidien, animé de musiques d’époque et d’images de l’INA, cinq comédiens de la région leur donneront vie avec un parti-pris de jeu résolument espiègle.



Note d’intention par Christophe Moyer

«  Depuis six ans, nous sillonnons la France avec NAZ, un spectacle sur un jeune skinhead. Deux cent représentations et autant de débats sur les idées qui se radicalisent, comme une partie de la jeunesse et de la société… sur les référents auxquels on ne peut plus se référer, sur notre incapacité à produire du sens collectif, sur, sur… bref sur une société à la fois perdue et tendue, qui bouillonne et explose ici et là. Une société gavée à « la réforme » mais où rien ne semble changer. Une société plongée tête la première dans une politique identitaire. Une société qui se cherche des révolutions…
Ces questionnements, échanges, interrogations m’ont donné envie de me replonger dans le roman d’Hervé Hamon duquel j’avais adapté une lecture en 2013. En effet, nombreux sont ceux qui, ces dernières années, se réfèrent à mai 68, vécue comme une révolution, fondatrice pour certains, critiquable pour d’autres… pour tenter une explication de notre société d’aujourd’hui.
Que reste-t-il aujourd’hui de cette explosion contestataire au sein des Trente glorieuses ? Un ascenseur social en panne, des crédits plus que jamais, et surtout des banques, des médias certes en couleurs mais toujours aux ordres, un Général qui manque à certains, un Poujade qui a trouvé ses héritiers… Ce qui paraît sûr, c’est qu’aujourd’hui il reste des vieux au pouvoir, pour la plupart d’anciens soixante-huitards. C’est le drame de la jeunesse actuelle. Les soixante-huitards ont fait leur révolution pour découvrir les joies de l’individualisme, mais ils avaient derrière eux, dans leur famille, une solide formation dans des collectifs : le Parti, l’Eglise, les syndicats… La jeunesse d’aujourd’hui est née individualiste, sans souvenir de collectifs forts… Alors elle cherche : la tentation du religieux, du vote extrême ou du collectif qui peut très vite lui paraître suspect. Bref, c’est pour cela qu’il me semble pertinent de mettre en scène cette chronique divertissante et intelligente des chambardements dont nous ne nous sommes pas encore remis. Donner à voir cinquante ans plus tard ces révolutions intimes de 68 qui nous habitent encore pour nous interroger collectivement sur les révolutions qui nous agitent aujourd’hui…
Demandons l’impossible ! »